Frédéric Bastien se voit comme le plus pragmatique des quatre candidats en lice pour mener le PQ.
Frédéric Bastien se voit comme le plus pragmatique des quatre candidats en lice pour mener le PQ.

Course au PQ: Frédéric Bastien privilégie les actions aux paroles

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Le Parti québécois choisit son nouveau chef vendredi, deux ans après la démission de Jean-François Lisée. Au cours des quatre dernières semaines de cette course marathon, Le Soleil vous a présenté les quatre candidats en lice pour mener le PQ aux élections générales de 2022. Aujourd’hui : Frédéric Bastien

«Pour avancer vers la souveraineté, les autres candidats ont tous la même recette, mais sous différents vocables : on va parler. On va parler, on va expliquer, on va aller sur le terrain, on va faire des comités, on va dire ci, on va répéter ça, pis on va rejoindre tel groupe, on va expliquer l’angle économique, on va expliquer la COVID et la souveraineté... Ça revient strictement à : on va parler! Alors que moi, je dis : je vais forcer une négociation constitutionnelle. Ça, ça s’appelle de l’action. Ou, en tout cas, en promettre.»

Frédéric Bastien se voit comme le plus pragmatique des quatre. «Les gestes qu’on pose, en politique, parlent beaucoup plus fort que les paroles», affirme-t-il, en entrevue au Soleil.

Professeur d’histoire au cégep anglophone Dawson, à Montréal, l’homme de 51 ans se sait par contre dernier des quatre dans la colonne de la notoriété. Si la crise de la COVID-19 a rendu l’ensemble de la course à la chefferie «moins pertinente», constate-t-il à regret, il est aussi le candidat dont la campagne en a souffert le plus, selon lui.

«La course était très intéressante en décembre, janvier, février. On avait nos débats sur l’immigration. Je portais la question de la loi 21, qui était beaucoup dans l’actualité. Puis il y a eu la COVID, malheureusement pour le PQ et les quatre candidats», expose M. Bastien.

Être pris au sérieux

«J’étais moins réseauté dans le parti que MM. Gaudreault et St-Pierre Plamondon, fait-il valoir. Et par rapport à M. Nantel, j’étais beaucoup moins connu. J’avais le momentum avant la pandémie, je m’imposais. Des commentateurs l’ont dit. Mais j’ai perdu le momentum et je n’ai jamais pu surmonter ce déficit de notoriété», analyse celui qui a fait de la constitution, de l’immigration et de la laïcité ses chevaux de bataille.

Trois thèmes qui l’ont transporté durant ces longs mois de campagne plus virtuelle qu’autre chose. Il est convaincu que seul son contenu lui a permis d’atteindre la ligne d’arrivée aux côtés des trois autres.

«Je suis parti de très loin! reconnaît-il. Il y a un an, quand je parlais de ma candidature, dans les commentateurs et les politiciens dans le parti ne me le disaient pas en pleine face, mais je l’entendais par la bande, beaucoup de monde ne prenait pas du tout ma candidature au sérieux!

«Ces trois idées ont porté ma candidature. Si je suis là aujourd’hui, ce n’est pas parce que j’ai la plus grosse organisation ou le plus gros réseau dans le parti ni parce que je suis le plus connu. Que je sois là me confirme la valeur des idées que je mets de l’avant», atteste M. Bastien, qui gravite néanmoins autour du PQ depuis belle lurette.

Visite de Bernard Landry

Ses liens avec le PQ remontent à plus de 40 ans. Bien malgré lui. Ses parents étaient des militants péquistes.

«Ma première campagne électorale, c’est 1976. J’aidais ma mère à distribuer des dépliants de notre candidat dans notre comté à Laval.» Un certain Bernard Landry.

«M. Landry était même venu une fois à la maison, je m’en souviens. J’ai une image très claire de ça. Je ne comprenais pas ce qui se passait, mais je savais que c’était important pour ma mère», raconte M. Bastien, 44 ans plus tard.


« La course était très intéressante en décembre, janvier, février. On avait nos débats sur l’immigration. Je portais la question de la loi 21, qui était beaucoup dans l’actualité. Puis il y a eu la COVID, malheureusement pour le PQ et les quatre candidats »
Frédéric Bastien

Après deux défaites en 1970 et 1973, celui qui sera plus tard premier ministre du Québec durant deux ans (2001 à 2003) et chef du PQ quatre ans (2001 à 2005) avait à l’époque vu Guy Chevrette lui ravir la candidature péquiste dans la circonscription de Joliette. M. Landry s’était retrouvé dans Fabre et avait vaincu le ministre libéral Gilles Houde par une majorité de 9000 voix.

Le Québec avait élu 71 péquistes sur 110 députés et René Lévesque devenait premier ministre.

«Le soir du 15 novembre, je n’étais pas très heureux parce que mes parents nous avaient fait garder, mon frère et moi, pour aller célébrer la victoire! Dans mes yeux d’enfant, je n’étais pas content de me faire garder», précise-t-il en riant, ajoutant que sa mère l’a aidé tout au long de sa campagne.

Dans Rosemont en 2022

M. Bastien se retrouve aujourd’hui dans le carré d’as pour succéder à MM. Lévesque et Landry.

Et plus directement à M. Lisée. Celui-là même qui, avec l’exécutif local, lui avait préféré Michelle Blanc pour représenter le PQ dans la circonscription Mercier aux élections de 2018. Ça n’avait pas fonctionné.

En 2018, M. Bastien avait aussi tenté de convaincre le chef Lisée de faire campagne sur la constitution. Ce qui n’avait pas pris non plus. Et M. Lisée n’a pas plus été élu, dans Rosemont. Les deux comtés montréalais appartiennent depuis à Québec solidaire.

«Je milite activement dans Rosemont depuis deux ans et que je devienne chef ou pas, je compte me présenter dans Rosemont en 2022. J’ose croire qu’avec le chemin parcouru, j’ai de meilleures chances qu’en 2018», espère Frédéric Bastien.

À LIRE, LES BILANS DES AUTRES CANDIDATS:

Sylvain Gaudreault 

Guy Nantel 

Paul St-Pierre Plamondon