Une voiture de la Sûreté du Québec est stationnée à l’entrée du pont Pierre-Laporte, en direction de Lévis, mardi matin.

Coups d’éclat d’Extinction Rebellion: la police a accru la surveillance aux ponts

Depuis une semaine, la Sûreté du Québec (SQ) a accru la surveillance policière à l’entrée des ponts, à Québec, à la suite du coup d’éclat de militants écologistes d’Extinction Rebellion sur le pont Jacques-Cartier, à Montréal.

Depuis mercredi dernier, des policiers de la SQ se sont assidûment stationnés aux extrémités du pont Pierre-Laporte et du pont de Québec aux heures de pointe, a constaté un photographe du Soleil. Des voitures de patrouille sont aussi restées sur place en dehors des périodes de congestion. 

Louis-Philippe Bibeau, porte-parole de la SQ, confirme que des policiers de la SQ ont été assignés à la tête des ponts à la suite de la protestation d’Extinction Rebellion à Montréal. «On est au fait de la situation suite à l’événement du pont Jacques-Cartier et on a porté des actions appropriées», dit-il.

Par exemple, mardi avant-midi, vers 11h30, des policiers étaient postés simultanément aux extrémités du pont Pierre-Laporte et du pont de Québec, dans les deux directions, a constaté le photographe du Soleil.

«Pour des raisons opérationnelles», le porte-parole de la SQ n’était pas en mesure de préciser combien de temps la SQ allait maintenir cette surveillance. 

Mardi dernier à Montréal, trois militants d’Extinction Rebellion ont escaladé la structure du pont Jacques-Cartier pour sensibiliser la population à l’urgence climatique. L’ascension a forcé la fermeture complète du pont pendant plus d’une heure trente, paralysant le trafic en pleine heure de pointe matinale et provoquant la colère des automobilistes. 

À Québec, Extinction Rebellion n’a pas visé les ponts pour l’instant. Mais jeudi dernier, vers 7h, quatre militants d’Extinction Rebellion ont déployé une banderole sur le viaduc du chemin Saint-Louis, au-dessus de l’autoroute Henri-IV, pour être visible des automobilistes qui empruntaient les ponts. Sur la banderole, on pouvait lire «Rebellion ou extinction». 

Les policiers n’ont pas tardé à encadrer la manifestation. Cinq policiers sont rapidement arrivés pour surveiller les quatre manifestants, indique Anne Rufiange, porte-parole d’Extinction Rebellion à Québec. 

«On voyait que les policiers étaient très réactifs. C’est sûr que ç’aurait été très difficile pour nous de faire une action sur le pont pendant la semaine étant donné la surveillance policière qu’il y avait», dit-elle. 

Eau rouge à la fontaine

Le lendemain matin, des militants d’Extinction Rebellion ont mis du colorant rouge dans la fontaine de Tourny, devant l’Assemblée nationale, pour symboliser le sang des victimes des changements climatiques.

En ce qui concerne les prochaines actions du mouvement dans la capitale, Mme Rufiange n’exclut pas des coups d’éclat qui perturberaient la circulation. «Plus les gouvernements vont continuer de nier et de ne pas agir de la manière qui est requise pour diminuer les gaz à effet de serre [...], plus les moyens de pression vont augmenter», dit-elle. 

Le mouvement Extinction Rebellion, qui encourage la désobéissance civile non violente pour inciter les gouvernements à agir contre le changement climatique, a été lancé il y a à peine un an au Royaume-Uni.

À travers le monde, ses militants ont notamment bloqué des ponts à Londres, à Paris, à Lausanne, à Wellington et à Montréal.