Le palais de justice de Québec

Coupable d’avoir fourni des opioïdes à un ado

Marie Champagne connaît les dangers des drogues dures. Elle s’est elle-même effondrée dans un bar, complètement intoxiquée. La femme a quand même laissé un adolescent de 15 ans prendre un comprimé d’hydromorphone chez elle. Le jeune est aussitôt tombé en détresse respiratoire.

Après avoir plaidé coupable à des accusations de trafic et possession dans le but de trafic, la femme de 47 ans a été condamnée cette semaine à une peine de 18 mois de détention, de laquelle il reste neuf mois et demi à purger.

Le 26 mars 2017, Champagne a reçu la visite d’un adolescent de 15 ans qui avait l’habitude de consommer chez elle et de lui acheter de la drogue.

À cette époque, la femme vit de graves problèmes de consommation. Elle a perdu son commerce et la garde de ses enfants.

Le jeune aperçoit sur un meuble un comprimé d’hydromorphone, un puissant opioïde plus fort que la morphine. Il demande à Marie s’il peut le prendre. Cette dernière lui tend l’analgésique.

L’adolescent inhale la drogue. Rapidement, il perd conscience et éprouve des difficultés respiratoires. Marie Champagne ne prévient pas les services d’urgence.

Toute la nuit, elle doit insuffler de l’air dans la bouche du jeune et lui faire des massages cardiaques. «Elle doit rester à ses côtés pour le surveiller et s’assurer qu’il survive, résume le juge Steve Magnan de la Cour du Québec dans sa décision sur la peine. Voilà la gravité du crime commis par l’accusée!»

Au matin, l’adolescent, désorienté, part pour l’école. En chemin, il se blesse et doit être conduit à l’hôpital. Il dénonce sa fournisseuse de drogue aux policiers qui l’interrogent.

Environ deux semaines plus tard, Marie Champagne conduit une femme, qui se révèle être une agent-double de la police de Québec, chez un trafiquant.

C’est à ce moment qu’elle sera arrêtée. La femme passera environ un mois détenue et fera deux thérapies fermées. Aujourd’hui, elle dit avoir vaincu son problème de toxicomanie. Elle a retrouvé un emploi.

Le juge Steve Magnan a dit vouloir tenir compte de ce début de réhabilitation. Mais, ajoute-t-il, la peine doit dissuader la femme de récidiver et décourager quiconque de fournir des drogues aux adolescents.

Outre l’adolescent de 15 ans, Marie Champagne avait accueilli une autre jeune consommatrice. Champagne a su par les policiers que cette adolescente avait tenté de se suicider.