La salle du barreau, où se réunissaient les avocats autrefois, est devenue une salle de réunion pour les employés du ministère des Finances.

Coup d’œil sur l’édifice Gérard-D.-Lévesque avant le début du chantier [VIDÉO + PHOTOS]

Un énorme chantier patrimonial débutera en janvier 2020 afin de restaurer complètement l’ancien palais de justice de Québec et actuel ministère des Finances. Le Soleil a visité ces lieux méconnus du public, question de bien mesurer l’ampleur de la tâche.

Situé à deux pas du Château Frontenac, l’édifice Gérard-D.-Lévesque se fond dans le paysage historique du Vieux-Québec. Sa construction, en 1887, avait coûté 940 000 $. Aujourd’hui, le coût de sa restauration de fond en comble n’a pas encore été établi, mais il dépassera à coup sûr les 50 millions $.

C’est que partout où l’on pose les yeux, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’édifice, on retrouve des détails architecturaux à préserver, dans de la pierre sculptée, des boiseries et du marbre. Dans chaque pièce ou presque, on retrouve des plafonds à caissons ouvragés.  

Des employés ont commencé à vider la bibliothèque en prévision du grand déménagement. Les étagères de plomb contiennent des documents patrimoniaux, comme les premiers budgets du Québec et des comptes publics du XIXe siècle.

La façade de l’édifice porte de la signature de l’architecte Eugène-Étienne Taché, celui-là même qui a conçu l’hôtel du parlement de Québec. 

La Société québécoise des infrastructures (SQI), à qui appartient l’édifice, a conclu au début juillet des contrats d’ingénierie qui s’élèvent à près de 5 millions $ avec les entreprises Tetra Tech et CIMA+, qui seront responsables de concevoir et de réaliser les travaux. 

L’intérieur de l’édifice, réalisé en 1928, est un mélange du style Beaux-Arts et du style Art déco. Les plafonds à caissons des différentes pièces portent tous une signature différente, qui fait la belle part aux boiseries et aux reliefs.

La SQI a l’intention de tout restaurer : la toiture, les fondations, les murs de pierre, les fenêtres, de même que les divisions intérieures, pour mettre à jour les systèmes mécaniques, électriques et informatiques.

La salle des assises, où se sont déroulés des procès marquants, comme celui de Marie-Andrée Houde, accusée du meurtre d’Aurore Gagnon, surnommée l’enfant martyre.

Ce grand chantier qui durera quatre ans entraîne le déménagement des 350 fonctionnaires du ministère des Finances dans des bureaux temporaires dans le quartier Saint-Roch. 

La rotonde, où se trouve l’escalier monumental donnant accès au bureau du ministre des Finances.

Un privilège

L’édifice luxueux ne laisse pas trop paraître son âge avancé. Seule une fissure dans un mur de la salle des assises a pu être aperçue lors du passage du Soleil. Un grillage a également été posé sur l’un des murs extérieurs afin de contenir d’éventuelles chutes de pierre. 

L’édifice conçu par l’architecte Eugène-Étienne Taché est situé au coin de la rue Saint-Louis et de la rue du Trésor, à deux pas du Château Frontenac.

Jacques Delorme, responsable des relations avec les médias au ministère des Finances, raconte que lui et ses collègues se sentent privilégiés de travailler dans un tel endroit. Tous les espaces sont utilisés sur une base régulière, sauf la salle des assises, où se déroulaient autrefois les procès importants. Le célèbre cinéaste Alfred Hitchcock y a d’ailleurs tourné des scènes du film I Confess (La loi du silence) en 1952.

La salle du barreau, où se réunissaient les avocats autrefois, est devenue une salle de réunion pour les employés du ministère des Finances.

Aujourd’hui, cette salle sert surtout à assermenter les employés du ministère des Finances, afin qu’ils gardent secrètes les informations qu’ils possèdent sur le budget de la province. 

Un grillage a été installé à l’arrière de l’édifice Gérard-D.-Lévesque, afin de prévenir les chutes de pierres de maçonnerie.