Côte-Nord - Fosse du Labrador: Québec relance la troisième voie ferrée

Québec entreprend cet été les travaux d'arpentage et d'analyse du sol sur le tracé destiné à une troisième voie ferrée reliant la Côte-Nord à la fosse du Labrador. Il démarre une étude sur le fonctionnement et la gouvernance de la société, qui injectera des milliards pour la réaliser, et lance un appel d'intérêt pour identifier les éventuels partenaires.
Le ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles est à poser ces jalons d'un des projets qui symbolisent la relance du Plan Nord, version Parti libéral du Québec (PLQ), un nouveau train minéralier nord-côtier probablement rattaché au port de Sept-Îles.
L'idée a été lancée sous le précédent gouvernement libéral de Jean Charest. En 2012, le CN s'était vu confier la mission de réaliser avec le concours de la Caisse de dépôt et placement du Québec ce nouveau lien par rail. Au début de 2013, le CN s'en est retiré, alléguant notamment des défis techniques trop intenses pour faire passer les convois sur 800 kilomètres en terrain accidenté.
Le retour au pouvoir du PLQ a ramené à l'avant-scène la proposition. Le ministre des Finances Carlos Leitão a consacré dans son budget 20 millions $ pour examiner sa faisabilité.
Le cabinet du ministre Pierre Arcand, responsable du Plan Nord, signale que le démarrage de l'étude pour décider comment opérera la société est «imminent». Il s'agit de déterminer «qui fera quoi» et comment se dérouleront les activités pour un moyen de transport qui se veut «multi-usager».
Appel d'intérêt
Tout aussi «imminent» est l'appel d'intérêt. Il devrait préciser en quoi consisteront les devis pour les infrastructures dont la réalisation a déjà été évaluée à environ 5 milliards $. Il déterminera aussi les compagnies qui collaboreront à la création de cette voie vers les gisements de la Côte-Nord.
La décision n'est pas encore formellement arrêtée, à savoir si Québec investira directement dans le projet. Une source rapporte que l'hypothèse d'une participation de l'État dans le projet, par l'intermédiaire de la Caisse de dépôt et placement ou d'Investissement Québec, n'a jamais été exclue. Elle semble probable.
Il y a trois ans, au lendemain de l'annonce du mandat confié au CN, des sociétés minières avaient critiqué cette orientation du gouvernement, soutenant qu'elles discutaient déjà entre elles pour se payer un chemin de fer.
Scepticisme au gouvernement
Une source au gouvernement a fait part de son scepticisme au Soleil. «Il y a un intérêt [parmi les compagnies]. Ont-elles les reins assez solides? C'est une autre affaire.»
Il existe deux voies ferrées sur la Côte-Nord, consacrées au transport du minerai. L'une part de Port-Cartier et se rend à Fermont. L'autre va de Sept-Îles jusqu'à Schefferville, en passant par Labrador City.