Le coronavirus paralyse plusieurs pays. À Québec, on demeure en mode préventif et la stratégie marketing et promotionnelle de l’Office du tourisme n’est pas modifiée.
Le coronavirus paralyse plusieurs pays. À Québec, on demeure en mode préventif et la stratégie marketing et promotionnelle de l’Office du tourisme n’est pas modifiée.

Coronavirus: «en mode veille» à Québec

Le coronavirus a paralysé plusieurs pays dans les dernières semaines, on parle même d’une crise économique importante. Le Québec peut s’estimer heureux jusqu’à présent, les associations concernées se tiennent prêtes à réagir, mais aucune alarme n’est sonnée et les événements ne sont pas menacés.

Les mesures mises en place pour éviter la propagation prennent plusieurs formes dans le monde depuis le début de la crise. À Québec, on demeure en mode préventif. Les décisions des gouvernements sont attendues avant d’apporter des changements aux événements.

Tourisme

«On est vraiment en mode veille», rassure d’entrée de jeu Eric Bilodeau, directeur marketing et communications de l’Office du tourisme à Québec. «On surveille tous les jours ce qui se passe pour voir les impacts, sans tomber dans la panique.»

Parmi les hôteliers de Québec, on note quelques annulations de groupes et individuelles de clients asiatiques qui espéraient visiter Québec cet été, et même à l’automne. Rien d’alarmant qui provoque un impact économique, précise M. Bilodeau. 

«En Europe et en Asie, il y a un niveau d’inquiétude plus élevé, mais il faut quand même se préparer ici. On reste en contact avec le ministère du Tourisme du Québec, avec Destination Canada et toutes les autorités fédérales, provinciales et municipales.»

M. Bilodeau dit aussi surveiller les mouvements de marchés, pour être à l’affût des différentes conséquences que peut avoir la propagation du virus. 

«La bonne nouvelle est que le Canada est reconnu mondialement comme un pays sécuritaire. On aura un certain ralentissement de la clientèle asiatique, on peut le penser, mais on sera moins touchés que les autres pays», juge Eric Bilodeau avec les informations qu’il détient en date de mardi.

Pour l’instant, la stratégie marketing et promotionnelle de l’Office du tourisme n’est pas modifiée. Les marchés visés sont principalement la province de Québec, l’Ontario, le Nord-Est américain, le Mexique et la France.

«Ces marchés-là vont probablement répondre positivement envers notre destination, pour l’instant. On essaie vraiment d’être informatif, on n’est pas en gestion de crise du tout.»

Congrès

Pour l’instant, la propagation du virus ne déclenche aucune répercussion sur le centre des Congrès de Québec. Les équipes doivent cependant rassurer certaines associations qui s’informent sur les mesures préventives qui sont mises en place dans la ville.

«De façon générale, on est au-delà des normes de l’industrie. On a ajouté des distributeurs de gel antiseptique, on a augmenté la fréquence de nettoyage dans nos espaces publics, on a augmenté la sensibilisation dans les toilettes pour le lavage des mains», note la directrice des communications du centre, Ann Cantin. 

Même que le centre effectue un changement d’air 6 à 10 fois par heure, déjà bien plus que ce qui est exigé par les normes de santé. 

«Pas juste pour le coronavirus, on essaie d’éviter la propagation de tout type de virus, comme la grippe», ajoute Mme Cantin.

La période achalandée de congrès internationaux commence seulement en avril, jusqu’à la mi-juin. Le centre des Congrès reste donc à l’affût des développements d’ici là. Dans les dernières semaines, l’endroit a accueilli plusieurs événements québécois ou canadiens, les participants étaient donc moins alertés par le coronavirus.

«On est tributaires des grandes décisions du gouvernement. S’ils décident de bloquer l’accès au pays pour certaines personnes, ces personnes-là ne pourront pas venir aux congrès. Mais il n’y a aucun danger d’annulations au moment où on se parle», termine la directrice des communications. 

Entreprises

La Chambre de commerce et d’industrie de Québec a pour sa part entamé les discussions de mesures préventives cette semaine. Ils ont d’ailleurs consulté des vidéos promotionnelles qui expliquaient aux entreprises la marche à suivre en cas d’infection, dans d’autres pays plus touchés.

«On n’est peut-être pas encore rendus là à Québec, mais on est en communication avec les instances concernées. On se tient au courant, on regarde l’actualité et on attend les consignes du ministère de la Santé. Si des messages doivent être véhiculés pour encourager les entreprises, on va le faire», indique Étienne Cummings, directeur des relations publiques et affaires gouvernementales à la Chambre de commerce.

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SALON DU LIVRE: PAS D'ANNULATION PRÉVUE

Au Salon international du livre de Québec, dont la prochaine édition aura lieu à la mi-avril, la direction indique suivre la situation de près, dans la foulée de l’annulation de son pendant parisien. Mais pour l’instant, il n’y a pas l’ombre d’un tel scénario qui se profile sur l’écran radar. C’est «business as usual», avec une conférence de presse prévue le 17 mars. «C’est sûr qu’on en parle dans l’équipe, ça nous traverse l’esprit à tous, mais on n’est pas rendus là, explique la directrice des communications, Johanne Mongeau. Comme tout le monde, on écoute les informations, on voit les hôpitaux qui se préparent. C’est sûr que c’est inquiétant et ce serait inconséquent de ne pas s’en préoccuper.» Et si jamais, précise-t-elle, il fallait faire l’impasse sur le Salon, mais ce n’est pas le conseil d’administration qui en prendra seul la décision. «On ne prendra pas sur nous l’annulation. On va attendre d’avoir des indications fermes de la Direction de la Santé publique avant d’agir.»  Normand Provencher

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SALON DE L'AUTO: LES ORGANISATEURS CONFIANTS

Du côté du Salon international de l’auto de Québec (SIAQ), les organisateurs sont très confiants. Ils sont convaincus qu’il n’y aura pas de restriction de la part des autorités qui mettrait en péril la bonne tenue du Salon. «Comme je le disais hier [lundi], c’est à la Santé publique de décider que les rassemblements doivent être annulés en raison d’une propagation du coronavirus», a déclaré au Soleil Charles Drouin, directeur général du SIAQ. «Si on commence à tout craindre, on n’avance pas. On conserve notre positivisme. Vous voyez, il est présentement 10h et ça commence déjà à entrer à pleines portes», dit-il, 30 minutes après l’ouverture officielle.  Paul-Robert Raymond