Les fenêtres des postes de contrôle ont été tapissées pour former les mots «trahi» et «vol», notamment le long de l’autoroute Laurentienne, à Charlesbourg.

Contrôleurs routiers «trahis» en colère

Les contrôleurs routiers du Québec se sentent «trahis» par le Conseil du trésor et l’affichent dans les postes de contrôle de la province.

La convention collective des contrôleurs était échue depuis plus d’un an quand une entente de principe est intervenue avec le gouvernement du Québec, en février 2017. Elle a été adoptée de justesse, à 56 %, notamment parce qu’une clause remorque prévoyait que les gains des quatre autres groupes d’agents de la paix seraient accordés aux contrôleurs, résume René Goulet, président de la Fraternité des constables du contrôle routier du Québec (FCCRQ).

Le leader syndical explique que ses membres voulaient revoir la classification des emplois, mais l’employeur a refusé net. Or, les constables spéciaux des palais de justice et les gardes du corps ont finalement gagné un échelon. Les contrôleurs routiers veulent donc gagner un rang aussi. Ils estiment que la clause remorque s’applique et demandent au gouvernement de «respecter sa parole». 

Au Conseil du Trésor

L’interprétation n’est toutefois pas la même du côté du Conseil du Trésor. Cynthia St-Hilaire, porte-parole du ministre Pierre Arcand, affirme que la clause signée valait pour les paramètres liés directement aux salaires, qui augmenteront de 6,75 % pendant la période 2015-2020, mais n’était pas applicable à l’échelle. «Le point est ceci : on a mené une négociation de bonne foi, il y a eu une entente et maintenant on les invite à signer les textes finaux», dit Mme St-Hilaire au Soleil

Pour la FCCRQ, il n’en est pas question. Une rencontre est demandée avec le ministre Arcand pour discuter du cas. Mais la porte est fermée de ce côté pour le moment. 

Les contrôleurs routiers ne peuvent pas faire de moyens de pression. René Goulet affirme que le mécontentement monte au sein des troupes et croit que le gouvernement ferait mieux de reprendre les discussions.