De la laitue romaine en provenance de l’Arizona a été contaminée l’an dernier par des déjections animales de bœufs.

Contamination de l'eau: Québec à la recherche d'une expertise de pointe

Le ministère de l’Environnement ne possède pas l’expertise de pointe qui lui permettrait d’identifier les sources de contamination fécale de l’eau. Un problème auquel il veut remédier en faisant développer une procédure et des outils pour déterminer ces sources de contamination à l’aide de marqueurs génétiques.

Dans un appel d’offres publié jeudi, la Direction de l’agroenvironnement et du milieu hydrique (DAEMH) du ministère de l’Environnement souligne que les cas de contaminants environnementaux font régulièrement la manchette au Québec. 

Elle cite notamment l’exemple de la laitue romaine en provenance de l’Arizona qui a été contaminée l’an dernier par des déjections animales de bœufs provenant de pâturages situés à proximité des champs de laitue, une situation qui avait amené les autorités canadiennes à interdire la consommation de ces laitues.

La DAEMH fait état d’autres situations où, selon le type de bactérie, «la source de contamination peut être plus difficile à identifier». Elle rappelle à cet égard l’épisode de Saint-Bernard de Beauce, où une quarantaine de citoyens ont été infectés par la bactérie Campylobacter l’été dernier. 

«Les spécialistes n’ont pas réussi à retrouver officiellement la bactérie dans l’eau de la municipalité, mais la présence de la bactérie E.coli laisse croire que les excréments d’animaux seraient à l’origine de la contamination. Dans ce cas-ci, l’identification de la source de contamination n’a jamais pu être établie hors de tout doute. D’ailleurs, l’avis d’ébullition est toujours en vigueur dans cette municipalité», mentionne-t-elle dans son appel d’offres.

Dans ce contexte, «et étant donné que le développement d’une procédure et d’outils pour la détermination des sources de contamination fécale de l’eau à l’aide de marqueurs génétiques nécessite une expertise de pointe que le ministère ne possède pas», la DAEMH recherche des soumissionnaires capables de développer ces méthodes d’identification.

Celles-ci permettront, selon elle, d’obtenir une meilleure connaissance de l’origine de la contamination mesurée dans les cours d’eau, en plus d’aider à réaliser des actions de dépollution «mieux ciblées et plus efficaces».

Recours légaux

«Ces procédures d’identification des sources permettront de soutenir les inspecteurs et les enquêteurs du ministère dans leur recherche de preuves scientifiques. Même si la source est évidente ou connue, appuyée de photos ou de témoignages, les données scientifiques peuvent être nécessaires aux recours légaux», ajoute la DAEMH.

Cette même expertise de pointe peut aussi être utile lors d’une contamination accidentelle nécessitant une intervention d’urgence, expose-t-elle encore. 

La DAEMH évalue le coût du contrat, dont l’échéance est prévue pour mars 2023, à environ 500 000 $.