Devant les signalements de quelques citoyens malades depuis la semaine dernière — certains craignaient que l’eau de la municipalité soit contaminée —, la Ville de Saint-Bernard a publié un avis sur sa page Facebook, lundi.

Contamination de l'eau: enquête à Saint-Bernard de Beauce

Des cas d’infections à Campylobacter, une bactérie qui cause des symptômes de gastro-entérite, ont été rapportés à Saint-Bernard, en Beauce, a appris Le Soleil. Quelques personnes, dont des jeunes enfants, ont dû être hospitalisées. La santé publique a ouvert une enquête.

Devant les signalements de citoyens malades depuis la semaine dernière — certains craignaient que l’eau de la municipalité soit contaminée —, la Ville de Saint-Bernard a publié un avis sur sa page Facebook, lundi. 

«Il y a plusieurs cas de gastro à Saint-Bernard en ce moment. Nous vous assurons que l’eau n’est pas contaminée. Veuillez vous laver les mains régulièrement et bien vous hydrater», a écrit la Ville avant de partager un document détaillant la marche à suivre en cas de gastro.

Dans les commentaires, des résidents de Saint-Bernard ont rapporté avoir eu des symptômes s’apparentant à la gastro-entérite ou connaître «plusieurs personnes» qui en ont eu depuis la semaine dernière. En date de mardi midi, au moins quatre personnes affirmaient qu’elles ou leur enfant avaient reçu un diagnostic de campylobactériose à l’hôpital à la suite d’une culture de selles. 

Au bout du fil, mardi matin, la directrice générale de Saint-Bernard, Marie-Ève Parent, était formelle: les tests d’eau réalisés la semaine dernière étaient «super beaux». «On n’a eu aucun cas rapporté au CPE, qui compte 60 enfants, et aucun cas rapporté au camp de jour, qui est fréquenté par 75 à 100 enfants», a indiqué Mme Parent, selon qui les cas rapportés sont des cas «isolés». 

La Direction régionale de santé publique du CISSS de Chaudière-Appalaches a confirmé au Soleil mardi après-midi avoir reçu «très récemment» des déclarations d’infections à Campylobacter. Jusqu’ici, quatre cas lui auraient été rapportés, «mais il est possible qu’il y en ait d’autres qui n’ont pas nécessité de voir un professionnel de la santé», souligne la porte-parole du CISSS, Mireille Gaudreau. «L’enquête est en cours par la direction de santé publique. À l’heure actuelle, on ne sait pas si cela provient de l’eau», mentionne Mme Gaudreau, précisant que la santé publique a contacté les quatre personnes pour lesquelles elle a reçu un signalement. 

La porte-parole du CISSS explique que quand l’eau distribuée par réseau est suspectée, le lien est fait avec le ministère de l’Environnement, qui est responsable de l’application du Règlement sur la qualité de l’eau. «Il est en train de faire le suivi pour déterminer quelles analyses d’eau sont requises et devront être réalisées dans ce dossier», précise-t-elle.

Avis d’ébullition

Entre-temps, la santé publique a demandé à la municipalité que soit distribué rapidement un avis d’ébullition à tous les citoyens. «Des pictogrammes d’eau non potable devraient être affichés aux endroits où il n’est pas possible de procéder à l’ébullition de l’eau», ajoute Mireille Gaudreau.

Au Québec, le campylobactériose est la maladie entérique la plus fréquemment déclarée dans le système des maladies à déclaration obligatoire (MADO), avec 2000 à 3000 cas chaque année. L’infection peut affecter tous les groupes d’âge, mais elle touche plus particulièrement les jeunes enfants et les personnes âgées.

Dans son site Internet, le ministère de la Santé précise que la campylobactériose est la cause principale des gastro-entérites d’origine bactérienne et la plus importante zoonose, c’est-à-dire une maladie animale transmissible à l’humain.

Les Campylobacter vivent normalement dans le tube digestif de nombreux animaux de ferme et domestiques. «Le plus souvent, les cas de Campylobacter surviennent de façon sporadique. Il est plutôt rare d’observer des éclosions associées à ce pathogène», précise le ministère, ajoutant que la bactérie se transmet le plus souvent par l’ingestion d’aliments contaminés, notamment et surtout le foie de veau. 

«Plus rarement, la maladie peut être transmise par un contact direct, c’est-à-dire par le contact avec les selles de personnes ou d’animaux infectés, ou par contact indirect par l’intermédiaire d’un objet contaminé», mentionne encore le ministère. 

Outre les viandes crues ou insuffisamment cuites, le lait cru et l’eau non traitée ou contaminée par des excréments peuvent transmettre la maladie. La période d’incubation de la maladie est généralement de deux à cinq jours, mais peut s’étendre jusqu’à 10 jours. La plupart des personnes atteintes verront leurs symptômes disparaître en moins d’une semaine.