Les sols contaminés se trouvent sur une grande propriété de Couche-Tard mise en vente.

Contamination dans la rue Plante, à Saint-Nicolas

La Ville de Lévis est aux prises avec la contamination des sols de la rue Plante, à l’intersection de la route des Rivières, dans le secteur Saint-Nicolas. C’est juste en face de l’école Clair-Soleil, où se trouve une grande propriété de Couche-Tard mise en vente.

«C’est un cas classique dans le sens où, quand il y a une station-service, qu’elle soit en opération ou non, ce sont des choses qui arrivent», explique au Soleil Nicole Rodrigue, conseillère en gestion des communications et des relations publiques à la Ville de Lévis.

Le pot aux roses a été découvert en 2017 quand une odeur de produits pétroliers a envahi le quartier. Des employés municipaux creusaient alors sous la chaussée pour réparer la plomberie d’eau potable. «Ça sentait fort.»

«Des commerces environnants ont rapidement informé la Ville qu’il y avait des odeurs», raconte Mme Rodrigue. «Il y avait des hydrocarbures, des émanations. Ça sentait un peu partout.»

Les nez ne se trompaient pas. «Des échantillons de sol ont été réalisés. […] Les échantillons de sol se sont avérés contaminés. Donc, les sols ont été disposés dans un centre de traitement des sols contaminés autorisé par le ministère de l’Environnement.»

Le ministère a d’ailleurs reçu une plainte à l’époque, confirme Frédéric Fournier, conseiller en communications et porte-parole régional. Mais la législation ne permettrait pas à l’État d’exiger que le propriétaire effectue des forages pour vérifier si la pollution vient de chez lui : «Comme il n’y a pas de cessation d’activité ou de changement d’usage, le [ministère] ne peut exiger en vertu de la Loi sur la qualité de l’environnement une caractérisation du terrain sur lequel Couche-Tard opère.»

À la demande de la Ville, l’entreprise avait néanmoins creusé dans la rue, note M. Fournier. Mais là où les trous de prélèvement ont été percés, rien de néfaste n’avait été trouvé. 

Encore des tests

Après cette recherche infructueuse de septembre et octobre 2018, l’administration municipale a néanmoins poursuivi son investigation, indique Nicole Rodrigue. «En 2019, on a réalisé une nouvelle analyse. Là, les échantillons de sol se sont avérés contaminés. Les sols ont été à nouveau disposés dans un centre de traitement des sols contaminés toujours autorisé par le ministère de l’Environnement.»

«Ça confirme que les sols de la rue Plante sont contaminés dans certains secteurs circonscrits», fait-elle valoir. «On peut dire que la contamination est limitée à la section sud de la rue. […] La contamination n’a pas migré vers les terrains situés au nord de la rue Plante, donc vers l’école.»


« Des commerces environnants ont rapidement informé la Ville qu’il y avait des odeurs. Il y avait des hydrocarbures, des émanations. Ça sentait un peu partout »
Nicole Rodrigue, conseillère en gestion des communications et des relations publiques à la Ville de Lévis

Une entreprise spécialisée complète néanmoins l’autopsie des sols. La mairie attend le rapport final «avant la fin de l’été».

«La Ville de Lévis est en démarche pour évaluer les travaux qui devront être effectués», précise Nicole Rodrigue.

Est-ce que Lévis pourrait réclamer décontamination et compensation? Pour l’instant, la Ville assume les frais des études environnementales «dans la rue». «On va voir selon les résultats, on va voir ce qu’il y a à envisager comme travaux. On va voir si l’entreprise en question va être […] mise à contribution.»

«Il est beaucoup trop tôt», observe-t-elle. «Ce sont des dossiers qui, habituellement, ne se règlent pas en criant ciseau.»