Benoît Songa, le directeur du Centre R.I.R.E. 2000 à Québec, qui accompagne les immigrants dans leur intégration au travail, indique que les débats récents des politiciens à propos de la consultation ont conduit l'organisme à se demander s'il désirait encore s'impliquer. 

Consultations sur le racisme: les organismes sélectionnés troublés

Des organismes sélectionnés pour la consultation sur le racisme de Québec et de Chaudières-Appalaches ne cachent pas être troublés par tout le bruit que font les parlementaires au sujet de la Consultation sur la discrimination systémique et le racisme.
«C'est certain qu'il y a des effets collatéraux», affirme Benoît Songa, le directeur du Centre R.I.R.E. 2000 à Québec, qui accompagne les immigrants dans leur intégration au travail. Il explique que les débats récents des politiciens entourant la crédibilité de la consultation et son bien fondé ont mené le conseil d'administration à se poser la question à savoir s'il désirait encore s'impliquer. 
Pour l'instant, celui-ci a décrété qu'il voulait toujours aller de l'avant. «Mais nous n'avons pas encore signé d'entente», a-t-il précisé. «C'est malheureux parce que l'exercice est louable», fait valoir M. Songa, déplorant «la politicisation» de l'exercice et surtout, le mot «racisme» utilisé à toutes les sauces par les différentes formations politiques. 
Un exercice pertinent
«C'est certain que le côté très politisé de la chose nuit à la fluidité des discussions», souligne de son la coordonnatrice de l'organisme Alpha Bellechasse, Céline Laflamme. Le conseil d'administration du groupe voué à l'éducation populaire a également débattu à savoir s'il poursuivait son engagement à mener les consultations locales. C'est une conférence téléphonique avec un représentant du ministère de l'Immigration et les organismes choisis la semaine dernière qui a finalement rassuré les membres. 
Mme Laflamme estime néanmoins qu'il est important de mener l'exercice dans la région de Chaudière-Appalaches où une telle chose n'a jamais été faite. «On entend beaucoup parler de racisme ici», témoigne-t-elle.
Le son de cloche est le même du côté de l'organisme Le Tremplin, à Lévis. Le directeur du Centre pour personnes immigrantes et leurs familles, Guillaume Boivin, croit qu'il est toujours important de faire partie de la consultation bien que l'organisme «entend tout ce qui se dit». Le Conseil panafricain de Québec (COPAQ) a préféré ne pas s'exprimer sur le sujet tandis qu'il a été impossible de joindre la direction du Carrefour jeunesse emploi Beauce Nord. 
En tout, ce sont 31 organismes à travers la province qui ont été sélectionnés pour mener les consultations locales en octobre. Celles-ci permettront d'entendre les témoignages des citoyens «qui ont vécu de la discrimination ou du racisme, ou encore des personnes qui souhaitent proposer des pistes de solution», indique le communiqué annonçant le début des travaux.
La ministre de l'Immigration, Kathleen Weil, a souligné mercredi que la participation de ces organisations représentait autant de cautions pour l'exercice que le Parti québécois (PQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) réclament l'annulation. Dans une motion rejetée, Québec solidaire a tenté de son côté de réunir les partis afin de trouver un consensus pour que se tienne la consultation «dans la sérénité et avec l'adhésion la plus large possible».