Directeur général du Centre pour Rattrapage académique, Intégration socioprofessionnelle, Rapprochement interculturel et Éveil aux technologies de l’information, Benoît Songa est originaire de la République démocratique du Congo. Il est arrivé à Québec il y a 30 ans.

Consultations sur la discrimination: participation massive des immigrants souhaitée

Le directeur général du Centre R.I.R.E. 2000, Benoît Songa, souhaite que les immigrants de Québec participent en grand nombre à la consultation publique organisée par son organisme, choisi parmi une trentaine dans la province, afin de produire un rapport en vue du Forum sur la valorisation de la diversité et la lutte contre la discrimination, mis sur pied par le gouvernement Couillard.

«On essaie de leur faire comprendre que s’ils s’excluent, ça ne fait que donner des outils aux gens qui veulent les exclure», explique M. Songa, lors d’une conférence de presse tenue mardi et qui n’a pas fait courir les foules, un seul média, en l’occurrence Le Soleil, s’étant présenté...

R.I.R.E. 2000, qui milite depuis 21 ans en faveur de l’intégration socioéconomique des immigrants de la capitale, convie le public, tant les membres des communautés culturelles que les Québécois de souche, à ce rassemblement qui se tiendra le dimanche 29 octobre, de 10h à 17h, au Palais Montcalm.

Le rendez-vous, qui s’inscrit dans une stratégie du «vivre ensemble», vise à permettre aux participants d’explorer des pistes de solution pour «faciliter l’intégration à l’emploi des personnes issues de l’immigration».

Outre cette consultation ouverte au grand public, R.I.R.E. 2000 compte mener des consultations individuelles et de groupes au cours des deux prochains mois. Cette cueillette d’informations permettra de mettre la table pour le Forum — connu il y a peu de temps sous le nom de Commission sur la discrimination systémique et le racisme — qui se tiendra en décembre, sous la gouverne du nouveau ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, David Heurtel.

R.I.R.E. 2000 — pour Rattrapage académique, Intégration socioprofessionnelle, Rapprochement interculturel et Éveil aux technologies de l’informatique — a reçu un financement «entre 10 et 15 000 $» du gouvernement pour mener à bien cette série de consultations.

Même si la région de Québec présente, à 4 %, l’un des taux de chômage les plus bas parmi les grandes villes canadiennes, M. Songa croit néanmoins qu’il reste encore beaucoup à faire pour intégrer les immigrants au marché du travail. Selon lui, certaines communautés de la capitale, comme les immigrants maghrébins (Tunisie, Maroc, Algérie), doivent composer avec un taux de chômage deux fois plus élevé. «Ils se sentent discriminés», laisse tomber M. Songa, précisant qu’il compte interpeller les «leaders» de ces communautés afin de les inciter à prendre part aux consultations.

Pour le président du conseil d’administration de R.I.R.E. 2000, André Marceau, ce plein emploi joue en faveur d’un changement de mentalités. «Ça force les employeurs à donner une chance aux gens issus de l’immigration, mais ça ne règle pas tout.»

Barrière

Originaire de la République démocratique du Congo, Benoît Songa avoue «avoir du mal à saisir le paradoxe» qui a cours dans sa communauté d’adoption. «Il y a une ouverture dans les relations, mais quand il est question d’emploi, on sent une résistance, une barrière. Je ne comprends pas.»

À son avis, certains commentaires faits sur les ondes des radios privées de Québec, comme quoi «tous les immigrants sont sur le B.S.», n’aident pas à changer les perceptions. «Ce n’est pas représentatif de l’opinion de la population, mais ça influence quand même.»

Arrivé à Québec il y a 30 ans, le détenteur d’un baccalauréat en génie électrique de l’Université Laval, également père de deux enfants aux études universitaires à Montréal, a failli imiter beaucoup d’immigrants et déménager ailleurs au pays. Il a choisi de rester en raison de son amour pour Québec.

«J’aime Québec. Je suis un ambassadeur de la ville et je ne le cache pas. Quand je pars deux ou trois semaines et que je reviens, je reviens chez moi.»