De janvier à mars, la valeur combinée des permis résidentiels et non résidentiels s’élève à 254,1 millions $. C’est près de 100 millions $ de plus que la moyenne 2014-2017.

Construction non résidentielle à Québec: hausse majeure de la valeur des permis

La valeur des permis de construction et de rénovation non résidentiels à Québec atteint 178,3 millions $ pour les trois premiers mois de 2018, dépassant de plus du double la valeur moyenne des quatre dernières années. À l’inverse, la valeur des permis résidentiels émis pour la même période n’a jamais été aussi basse depuis 2014.

Les statistiques de la Ville de Québec soufflent le chaud et le froid. De janvier à mars, la valeur combinée des permis résidentiels et non résidentiels s’élève à 254,1 millions $. C’est près de 100 millions $ de plus que la moyenne 2014-2017.

«Cette hausse est rendue possible en raison de permis liés à la construction du nouveau centre hospitalier sur le site de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus et de plusieurs projets de résidences pour personnes âgées», explique un document fourni par la Ville. 

«C’est la plus grosse année des cinq dernières, s’est réjoui Régis Labeaume, jeudi midi, en marge d’une rencontre de la Communauté métropolitaine de Québec. Les gens pensent qu’il y a un ralentissement, ajoute-t-il, sur un ton signifiant qu’ils sont dans l’erreur. On n’a pas vu ça depuis cinq ans. Ce n’est pas un projet particulier de quatre maisons», renchérit le maire pour indiquer que les projets en cours sont importants.

Baisse dans le résidentiel

Mais parlons-en des quatre maisons. Paradoxalement, la valeur des permis de construction et de rénovation résidentiels est au plus bas depuis 2014 pour les trois premiers mois de l’année avec 75,9 millions $. Elle était de 110,9 millions $ en 2017 et de 84,2 millions $ en 2016.

«On avait prévu une baisse en 2018 des mises en chantier résidentiel, explique Élisabeth Koulouris, chef analyste à la Société canadienne d’hypothèques et de logement.

Elle rappelle que cette baisse est perceptible depuis déjà quelques années. Bien que la région affiche un très faible taux de chômage et qu’il y a pénurie de main-d’œuvre, la capitale ne connaît pas une phase de forte création d’emplois. «Ça change la demande d’habitation dans la construction et la revente», précise Mme Koulouris. 

D’autre part, elle ne s’étonne pas des nombreuses mises en chantier de résidences pour personnes âgées. Selon elle, les promoteurs s’ajustent à la courbe démographique. Le nombre de personnes de 75 ans s’est accéléré au cours des dernières années.

L’année 2018 devrait voir l’aboutissement de nombreux projets dans le marché locatif traditionnel (excluant les résidences pour personnes âgées). Le taux d’inoccupation actuel de 4,5 % devrait atteindre 6,5 % d’ici 2019. Mme Koulouris ne s’attend pas à une augmentation de la demande à court terme.