Construction: les grévistes marchent pour leur famille

Les grévistes de la construction ont marché dans les rues de huit villes, dont Québec, pour dénoncer les demandes patronales dans la négociation en cours pour le renouvellement des conventions collectives.
Dans la capitale, les manifestants ont convergé vers le parc de la Francophonie dès 10h, jeudi. Ils ont ensuite fait un tour de l'Assemblée nationale, lentement, bruyamment.
«C'est pour manifester notre mécontentement du fait qu'ils [les patrons] n'ont pas signé l'entente et pour revendiquer la conciliation travail-famille», explique un porte-parole de l'alliance des cinq syndicats de l'industrie, Nicolas Roussy, du Conseil provincial international.
Parmi les pommes de discorde, il cite la demande patronale de «mobilité totale» qui permettrait aux travailleurs de bosser sur tout le territoire québécois. Les syndiqués préfèrent que les ouvriers du coin aient priorité dans leur région.
Il y a aussi débat sur la rémunération des heures supplémentaires. Et sur le taux horaire: «On ne s'entend toujours pas sur le montant des augmentations.»
Autre chose? M. Roussy note la reprise du travail le samedi quand des intempéries freinent un chantier durant la semaine, des horaires variables d'un jour à l'autre. Il ajoute que des employeurs voudraient pouvoir commencer le travail dès 5h le matin. «Une autre demande qui vient affecter les familles.»
Stabilité des horaires
C'est justement pour cette raison que Stéphanie Noreau, carreleuse, s'est déplacée avec la maisonnée pour la manifestation: «Ils veulent qu'on travaille le samedi. Moi, j'ai trois enfants, la garderie c'est du lundi au vendredi.»
«Ils essaient d'attirer les femmes dans la construction», poursuit-elle. Ce n'est pas en réduisant la stabilité des horaires que l'industrie va atteindre cet objectif, selon elle.
Les papas aussi seraient affectés par les changements demandés, enchaîne Hubert Turgeon, manoeuvre, le petit Nathan sur ses épaules. Avec la garde partagée, il doit pouvoir compter sur un horaire stable qui suit celui du milieu de l'éducation, plaide-t-il. 
Et papa pense à l'avenir, à celui de son fils qui, du haut de ses presque 4 ans, démontre un intérêt pour la construction. «S'il s'en va là-dedans plus tard, je veux qu'il ait de bonnes conditions de travail.»
Des rassemblements similaires étaient organisés à Mont­réal, à Sherbrooke, à Sept-Îles, à Paspébiac, à Chicoutimi, à Rimouski et aux Îles-de-la-Madeleine.