Le chef de Uashat mak Mani-Utenam (Sept-Îles), Mike McKenzie, sera de la délégation de trois nations innues qui se déplaceront au siège social du géant Rio Tinto à Londres.

Conflit avec Rio Tinto IOC: les Innus transportent leur lutte à Londres

Dans un «geste ultime de réconciliation», trois nations innues de la Côte-Nord mèneront leur combat contre Rio Tinto IOC jusqu'au siège social de la société mère à Londres. Les Innus réclament au géant minier un «loyer» de 900 millions $ pour l'exploitation des terres ancestrales depuis les années 50.
Les chefs des nations Uashat mak Mani-Utenam (Sept-Îles), Matimekush-Lac John (Schefferville) et Ekuanitshit (Mingan) s'envoleront vers l'Europe pour faire valoir leurs droits devant les actionnaires de Rio Tinto, qui se réunissent à Londres le 16 avril. «Face à l'attitude déplorable de la minière IOC, nous avons décidé d'interpeller directement les actionnaires», a expliqué le chef d'Uashat mak Mani-Utenam, Mike McKenzie. «Nous allons demander respect, justice et réparation.»
Les Innus et Rio Tinto IOC, dont les installations sont situées à Sept-Îles et au Labrador, tentent de s'entendre depuis 2010, en vain. Malgré que la Cour supérieure ait autorisé en septembre la poursuite de 900 millions $ entamée par deux des trois bandes, la minière «cherche toujours à esquiver sa responsabilité plutôt que de trouver une solution et un dénouement honorable à la situation», a renchéri le chef de Matimekush, Réal McKenzie.
«L'Autre vérité»
La bataille juridique entre les parties a suscité l'intérêt du regroupement, IndustriAll, lequel mène une campagne qui cherche à démontrer «l'autre vérité sur Rio Tinto» en espérant «bâtir une force syndicale» pour une «lutte pour un travail décent» partout dans le monde où le géant opère. C'est à leur invitation que les Innus partent en mission européenne.
Les Innus espèrent ainsi «amener à un autre niveau» leur propre campagne «IOC/Rio Tinto doit payer son loyer», lancée à l'automne. Selon les Innus, la minière «viole de plein fouet les droits des peuples autochtones, sans respect de leur titre ancestral» depuis qu'elle exploite les ressources des terres traditionnelles sans leur consentement.
En Europe, la délégation rencontrera aussi le Comité de soutien aux Indiens d'Amérique, à Paris. Les bandes et IndustriAll partagent les frais de déplacement.