Mardi, la Ville a rencontré les commerçants de la route de l’Église pour discuter de leurs griefs en lien avec les travaux de 13,6 millions $ entre le chemin des Quatre-Bourgeois et le boulevard Hochelaga.

Commerçants de la route de l’Église: une compensation financière bientôt?

La Ville de Québec a rencontré les commerçants de la route de l’Église qui attribuent une baisse de leurs revenus aux travaux routiers en cours. Si la question d’une compensation financière a été abordée, les gens d’affaires ne se leurrent pas.

La rencontre a eu lieu mardi matin à la demande de la Ville, à 24 heures d’avis. Le but était de discuter des griefs des commerçants en lien avec les travaux de transformation majeurs de 13,6 millions $ entre le chemin des Quatre-Bourgeois et le boulevard Hochelaga.

«L’indemnisation a été discutée, mais ce n’est pas leur priorité», retient Bertrand de l’Épinay, directeur général du restaurant Portofino, un des établissements qui souffrent d’une chute de clientèle.

Les commerçants avaient aussi des récriminations concernant la signalisation, le stationnement et la circulation. «Au moins, ils ont posé une affiche à l’entrée de la route de l’Église qui indique que les commerces sont ouverts durant les travaux», ajoute-t-il.

La conseillère responsable de l’aménagement du territoire, Marie-Josée Savard, participait à la rencontre. M. de l’Épinay a senti de l’empathie même s’il sait bien qu’une indemnisation est peu probable.

Attitude de la Ville

Selon lui, l’attitude de la conseillère tranchait avec les propos tenus vendredi par le conseiller du district, Rémy Normand. Celui-ci invitait les propriétaires à regarder dans leur cour, à suivre les tendances du marché en s’adaptant aux nouvelles réalités du commerce de proximité.

«La route de l’Église, c’est une artère qui avait ses difficultés aussi, qui n’a pas évolué beaucoup au cours des dernières années, avait déclaré devant la presse le vice-président du comité exécutif de la Ville de Québec. Alors, il y a peut-être des questions à se poser pour chacun de ces commerces-là […] sur le futur de leur commerce», avait-il ajouté.

«Ces propos ont été durs. Il n’a pas réfléchi du tout», estime M. de l’Épinay.

Les difficultés des commerçants de la route de l’Église ont été mises au jour le 19 juillet, quand le propriétaire du Shack, Mathieu Girard, annonçait sur Facebook qu’il mettait la clef sous la porte.

«C’est avec beaucoup de chagrin, de tristesse et d’amertume que j’annonce la fermeture du resto-bar Le Shack dans les prochains jours. Les travaux incessants depuis les sept dernières années [pas tous attribuables à la Ville] devant le commerce seront finalement venus à bout de moi et je dois penser à ma santé.»

La Ville avait alors répondu que des travaux comme ceux de la route de l’Église s’effectuent chaque année sur plusieurs artères de la Ville, sans compensation pour les commerçants. Cas d’exception, l’administration prévoit créer un programme de compensation pour la réalisation du tracé du tramway.