Il y a quelques jours, des enfants d’écoles de la région commençaient l’année scolaire avec une mauvaise nouvelle : ils seront privés de collation. L’info n’a pas échappé à notre chroniqueuse Mylène Moisan, qui y a consacré un texte jeudi dernier. Le lendemain, les collations étaient rétablies.

«Comment ça va, vous autres, au Soleil?»

«Comment ça va, vous autres?» Cette question, lancée avec un mélange de curiosité et de sincère compassion, les artisans du Soleil se la font beaucoup poser ces dernières semaines, alors que votre journal traverse une crise financière qui va jusqu’à rendre son avenir incertain.

Dire que tout va bien serait mentir. Oui, il y a de l’incertitude, mille questions. Mais aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de ce qui va bien, de ce qui nous tient tous unis dans la tourmente : fabriquer un journal tous les jours pour nos lecteurs. Et garder haut et fort le désir de continuer à raconter des histoires d’ici, de Québec, notre ville, pour longtemps encore.

Des histoires comme celle où, il y a quelques jours, des enfants d’écoles de la région commençaient l’année scolaire avec une mauvaise nouvelle : ils seront privés de collation. L’info n’a pas échappé à notre chroniqueuse Mylène Moisan, qui y a consacré un texte jeudi dernier. Le lendemain, les collations étaient rétablies. Des exemples comme ça, par la magie de l’écoute, de l’écriture et du journal, arrivent à faire bouger les choses. Parfois, ça paraît petit. Une collation à la fois. Parfois, ce sont des reportages fracassants qui font modifier un règlement municipal, une loi. Des histoires qui ne sauvent pas toujours des vies, mais qui les changent souvent.

C’est pour ça que l’information locale est précieuse et qu’elle doit rester forte.

Et mercredi soir, plus de 200 personnes nous ont confirmé lors d’une activité de soutien dans des Salons d’Edgar pleins à craquer qu’ils tenaient à ces histoires et à ceux qui les débusquent et les racontent.

Voir le soutien manifesté est aussi un véritable carburant dans les temps durs.

Merci à la section Québec de la Fédération professionnelle des journalistes et à son président Alexandre Duval qui a organisé cette soirée dans la foulée de la campagne Je soutiens mon journal.

Car si on a beaucoup parlé de la situation du Soleil mercredi soir, ce mouvement de soutien ressenti ces dernières semaines est pour toute la presse régionale mise à mal. Dans les cinq autres journaux de Groupe Capitales Médias, mais aussi dans les hebdos et journaux de quartier qui subissent tous les contrecoups de la baisse des revenus publicitaires vampirisés par les géants américains du Web.

Mercredi soir, les personnes présentes ont prouvé qu’un journal, ce n’est pas qu’une entreprise ou une salle de rédaction. C’est un acteur de sa communauté artistique, politique, académique, économique, sportive.

Tous unis parce que la force de l’information dans une ville est la diversité des idées qui y circulent.

Certains se demandent parfois si on a su s’adapter. Je réponds que l’équipe du Soleil n’a fait que ça, s’adapter. Faire plus avec moins, garder le cap sur une information de qualité, pertinente, diversifiée. Même avec moins de moyens. Je peux témoigner que nos bibittes créatrices d’infos sont belles à voir. Et croyez-nous, on ne lâchera pas.

Pour nous aider, il y a des rassemblements d’amour comme mercredi soir, mais aussi des centaines de messages de lecteurs.

On dit qu’acheter, c’est voter. Plus de 1200 lecteurs ont contribué jusqu’à maintenant à notre campagne d’abonnements numériques à contribution volontaire.

Tout ça donne l’énergie pour continuer, pour travailler à trouver un modèle d’affaires différent, créatif.

Une de mes citations préférées est «Journalism is the first rough draft of history» (Le journalisme est le premier jet de l’Histoire).

Ce «premier jet», Le Soleil l’écrit depuis 123 ans.

Aujourd’hui, il faut que l’histoire, et les histoires, continuent à s’écrire dans les pages de cette institution. Merci pour tout, merci pour votre soutien. Le Soleil continue.