La collision entre le drone et un Beechcraft King Air A100, exploité par Sky Jet, est survenue le 12 octobre pendant que l’aéronef réalisait son approche finale. L’avion effectuait la liaison entre Rouyn-Noranda et Québec.

Collision avion-drone à Québec: le mystère restera entier

La collision entre un drone et un avion sur le point d’atterrir à l’aéroport de Québec, le 12 octobre, ne sera jamais expliquée. Confronté à l’absence de débris et au silence du propriétaire, le Bureau de la sécurité des transports (BST) ne peut que rappeler les règles de sécurité entourant l’utilisation des drones.

Le ciel était dégagé et les ventes calmes quand le Beechcraft King Air A100 exploité par Sky Jet a été percuté par un drone à 18h02, le jeudi 12 octobre. L’avion volait alors à une altitude de 2500 pieds et se trouvait à une distance d’environ 7 milles marins du centre de la piste principale de l’aéroport international Jean-Lesage. Deux membres d’équipage et six passagers était à bord, en provenance de Rouyn-Noranda. 

«Alors que l’aéronef est en approche finale, l’équipage de conduite aperçoit un drone, de la taille d’une grosse assiette, devant l’aile gauche. Le pilote n’ayant pas le temps d’effectuer une manœuvre d’évitement, l’impact survient et le drone se désintègre», peut-on lire dans le rapport d’enquête de sécurité de transport aérien publié mercredi. 

Une urgence est déclarée et l’atterrissage se fait sans encombre. Seuls des dommages mineurs (petite bosse et égratignures) ont été constatés sur l’avion, qui a été remis en service le jour même.  

Les enquêteurs du BST n’ont pas eu la tâche facile pour enquêter. «On n’a pas retrouvé de débris du drone. De plus, on n’a pu établir avec certitude si le drone était utilisé à des fins récréatives ou non récréatives», souligne le rapport. 

Personne n’avait prévenu la tour de contrôle de la présence du drone à l’intérieur de l’espace aérien contrôlé et le radar de surveillance ne l’a pas détecté en raison de sa petite taille et sa composition de plastique. Après le déclenchement de l’enquête, le propriétaire ne s’est pas manifesté. 

Jean-Marc Ledoux, gestionnaire régional pour le Québec au BST, a indiqué au Soleil que des vérifications ont été faites auprès d’un exploitant commercial de drones de la région de Québec. «On a bien vu qu’il ne lui en manquait pas», dit-il. 

L’attention de tout le pays s’était portée sur Québec le dimanche suivant l’incident alors que le ministre des Transports du Canada, Marc Garneau, avait publié un communiqué de presse pour dénoncer la collision qualifiée de «première» entre un drone et un avion commercial. 

Le ministre en avait profité pour rappeler les règles d’utilisation des drones, considérés comme des «modèles réduits d’aéronefs» ou des «véhicules aériens non habités» au sens du Règlement de l’aviation canadienne. 

Le BST a répété l’exercice mercredi. «On veut passer le message que ça pose un risque sérieux pour la sécurité dans le milieu de l’aviation», a souligné M. Ledoux. 

Selon des règles édictées d’urgence par Transports Canada en juin 2017, l’usage d’un drone à des fins récréatives est interdit dans un rayon de moins de 5,5 kilomètres autour de tout aéroport et à plus de 300 pieds au-dessus du niveau du sol (environ 90 mètres). L’utilisateur doit également toujours avoir un contact visuel avec l’appareil. 

Les propriétaires de drones commerciaux, pesant plus de 35 kilogrammes, doivent quant à eux obtenir un certificat d’opérations aériennes spécialisées. 

Les contrevenants s’exposent à une amende pouvant aller jusqu’à 25 000 $ et même à une peine d’emprisonnement. 

Le rapport du BST souligne que les incidents impliquant des drones sont de plus en plus nombreux au Canada. Entre 2014 et 2017, l’organisme a lui-même traité 30 rapports de pilotes qui ont vu un drone sur leur trajectoire de vol sans qu’il y ait de collision. Transports Canada a pour sa part relevé 186 incidents à proximité d’aérodromes en 2016, contre 86 en 2015 et 41 en 2014. 

+

QUATRE VOLS D’AIR TRANSAT VERS MONTRÉAL ET L’EUROPE

Air Transat a annoncé mercredi qu’elle ajoutait quatre vols hebdomadaires entre Québec et Montréal pour la saison estivale. Cela permettra aux voyageurs de Québec d’avoir accès à des correspondances vers Madrid et Nice et à une fréquence accrue vers Paris, Bordeaux, Bruxelles et Prague. 

Au total, à partir de mai et jusqu’en octobre, une bonne quinzaine de destinations européennes seront accessibles par la plaque tournante de Montréal. La formule testée pendant la réfection de la piste principale de l’aéroport de Québec, l’été dernier, a obtenu beaucoup de succès. 

Air Transat a développé l’option multi-destinations qui permet d’atterrir dans une ville européenne et de décoller d’une autre sans frais supplémentaires. Le transporteur québécois est aussi le seul à offrir des vols directs de Québec vers Paris jusqu’à trois fois par semaine en haute saison. Annie Morin