Le maire Régis Labeaume a décliné les grands lignes du projet pilote de collecte des matières résiduelle qui se déroulera du 9 novembre au 20 décembre. 
Le maire Régis Labeaume a décliné les grands lignes du projet pilote de collecte des matières résiduelle qui se déroulera du 9 novembre au 20 décembre. 

Collecte des résidus alimentaires: un projet pilote pour tester les sacs [VIDÉO]

Normand Provencher
Normand Provencher
Le Soleil
Avec dans sa mire l’ouverture de son usine de biométhanisation prévue en 2022, la Ville de Québec lance un appel aux citoyens pour leur participation à un projet pilote de collecte des matières résiduelles. La Ville espère qu’entre 800 et 1000 personnes se porteront volontaires pour cette initiative visant à déterminer le format du sac et le contenant de plastique jugés les plus efficaces lorsque la collecte sera élargie à toute la population.

Lors d’une conférence de presse virtuelle, mercredi après-midi, le maire Régis Labeaume a décliné les grandes lignes de ce projet qui se déroulera du 9 novembre au 20 décembre. Les participants auront pour mandat d’évaluer les qualités et la fonctionnalité des deux prototypes d’équipements fournis gratuitement par la Ville.

«Le fonctionnement de la collecte sera simple pour le citoyen. Il déposera ses résidus alimentaires dans un sac d’une couleur particulière qu’il mettra ensuite dans le bac à ordures, a indiqué le maire Labeaume. La collecte par sacs permet d’éviter une troisième collecte, limitant ainsi le camionnage et la production de (quelque 4000 tonnes) de gaz à effet de serre»

Pour Suzanne Verreault, membre du comité exécutif responsable de la gestion des matières résiduelles, ce projet pilote permettra à la Ville de tendre vers son «objectif très ambitieux» de valoriser 82 % de ses déchets en 2028.

«L’arrivée du centre de biométhanisation et la collecte des résidus alimentaires et des biosolides de l’usine de traitement des eaux vont nous mener assez près de notre cible. (…) C’est un projet de grande envergure et l’adhésion de la population est hyper importante» a-t-elle souligné. 

La Ville a cherché à offrir la collecte la plus simple possible. Les sacs de résidus alimentaires pourront être déposés dans le bac à ordures. La solidité des sacs a été testée et la preuve a été faite qu’ils peuvent résister au compactage dans les camions. Une fois au centre de récupération des matières organiques, des trieuses robotisées sélectionneront les sacs destinés au centre de biométhanisation.

Si le bac à recyclage traditionnel pose encore quelques problèmes pour le citoyen qui ne sait pas toujours ce qu’il peut y mettre, il en sera autrement pour le sac à résidus alimentaires, a indiqué Stephan Bugay, directeur de la Division de la gestion des matières résiduelles.

«On doit se poser deux questions : est-ce que ça se mange ou est-ce une partie de quelque chose qui se mange? Si c’est oui, vous mettez cette matière dans votre sac de couleur.» Du papier souillé par des aliments, comme un filtre à café, pourra aussi y être déposé.

86 000 tonnes de résidus alimentaires

Actuellement en construction, le centre de biométhanisation de Québec commencera à traiter les biosolides (rejets des traitements des eaux usées) au cours de l’an prochain et les résidus alimentaires à compter de la seconde moitié de 2022. L’usine sera en mesure de recevoir chaque année 86 000 tonnes de résidus alimentaires et 96  000 tonnes de biosolides.

Une fois la collecte implantée sur une large échelle, tous les commerces, et non seulement les citoyens, seront appelés à contribuer, soit les restaurants, les épiceries et les secteurs institutionnels (écoles et hôpitaux).

En 2018, Recyc-Québec évaluait le taux de revalorisation des matières organiques putrescibles à seulement 27 % dans la province, une statistique éloquente sur le travail qu’il reste à faire. Quelque 2,9 millions de tonnes de ces matières avaient pris le chemin du dépotoir ou de l’incinérateur.

Projet très ambitieux

En fin de journée, le chef de l’opposition officielle à l’hôtel de ville, Jean-François Gosselin, a indiqué par voie de communiqué que cette nouvelle façon de trier ses déchets nécessitera «de nouvelles habitudes pour le quotidien des familles de Québec» et incite les citoyens à y participer «en grand nombre» afin d’assurer «le succès (du) méga projet» d’usine de biométhanisation.

«Je tiens toutefois à rappeler, a-t-il ajouté, qu’il s’agit d’un projet très ambitieux où les contribuables de Québec ont déjà investi 130 millions $ de leurs poches, pour lequel les revenus sont loin d’être garantis.»

Les citoyens prêts à s’impliquer dans ce projet pilote sont invités à s’inscrire d’ici le 29 octobre via le lien ville.quebec.qc.ca/collecteresidusalimentaires