Collecte des ordures: les ratés sont «derrière nous», selon la Ville de Québec

La Ville de Québec assure avoir repris le dessus sur la collecte des matières résiduelles, que les retards importants observés notamment dans Beauport et la Haute-Saint-Charles au cours de l’année sont «derrière nous».

«Je peux vous affirmer que […] les ratés qui ont été rencontrés chez Sani-Terre, pour nous c’est derrière nous pour l’instant», a expliqué mercredi la directrice générale de l’arrondissement de la Haute-Saint-Charles et responsable du dossier des matières résiduelles, Isabelle Dubois. D’ailleurs, souligne-t-elle, les avis publics diffusés sur le site Web de la Ville pour indiquer aux citoyens dans quels quartiers la collecte était chambardée ont été retirés. «Tout est sous contrôle depuis déjà quelques semaines. […] Nous sommes confiants».

N’empêche, l’administration municipale investit pour être «plus agile». Mme Dubois précise notamment qu’entre 3 et 4 millions $ de plus seront dépensés en 2020 pour le ramassage des poubelles et du recyclage. D’abord parce que la Ville a des exigences plus élevées pour ses deux fournisseurs privés, ce qui fait grimper le prix des contrats. Aussi parce que les cols bleus récupèrent la collecte dans Beauport.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, ne prévoit toutefois pas reprendre d’autres secteurs de la cité aux entreprises. «Notre premier choix, c’est de rester au privé.»

Le chef de l’opposition, Jean-François Gosselin, espère quant à lui que la leçon est apprise : «On ne doit plus revivre à Québec ce qu’on a vécu l’été dernier. Ça doit être un service impeccable la collecte des matières résiduelles à Québec. C’est la base des services municipaux.»

Recyclez, c’est payant!

Les couacs éliminés dans la collecte, la Ville invite maintenant les citoyens à bien trier leurs matières, à recycler le plus possible. «Il faut comprendre qu’une matière recyclable qui va au centre de tri nous coûte à la Ville de Québec, à tous les citoyens de la Ville de Québec, 18 fois moins cher que si vous la mettiez dans votre bac à ordures et que vous l’envoyez à l’incinérateur», explique le directeur de la Division de gestion des matières résiduelles, Stéphan Bugay. «Donc, oui il faut continuer de le faire.»

M. Bugay se veut rassurant : la capitale ne serait pas affectée par la fermeture de la Chine qui n’achète plus autant de matière à recycler. «On a investi, ça fait 7 ans. On a investi à peu près 25 millions $ d’équipements. Et on continue à investir. Ce qui fait qu’aujourd’hui on a une des meilleures matières en terme de qualité qui sort d’un centre de tri.»

Le contenu des bacs bleus ne se retrouverait pas au dépotoir ou à l’incinérateur. «Ça ne s’enterre pas, on trouve preneur. Les acheteurs viennent chercher prioritairement les matières du centre de tri de la Ville de Québec. On a 97% des matières qui rentrent au centre de tri qui ressortent pour être valorisées ou recyclées. Donc, on n’a que 3% des matières qui sont des matières qui ne sont pas recyclables qui finissent à l’incinération.»

30 000 tonnes perdues

Tout le tableau n’est cependant pas rose. La Ville peine encore à récupérer les matières recyclables dans les très nombreux immeubles d’appartements. Là, quelque 30 000 tonnes échappent à la collecte sélective. «On a fait le constat que les multilogements sont mal équipés pour récupérer», observe Stéphane Bugay. «Ce qu’on a constaté, c’est qu’il y avait à peu près 30 % des multilogements qui sont adéquatement équipés de contenants pour récupérer les matières recyclables.»

«En 2020 et en 2021, on veut s’attaquer à cette problématique-là pour que les matières recyclables qui aujourd’hui finissent dans les ordures dans les multilogements ne finissent plus dans les ordures.»

Le conseiller municipal de Démocratie Québec, Jean Rousseau, a par ailleurs ajouté que le plastique numéro 6, le polystyrène, est accepté au centre de tri même s’il n’est plus recyclé.

Mathieu Fournier, chef d’équipe à la Division de la gestion des matières résiduelles, note que le polystyrène n’est pas perdu. Il est brûlé dans les fours d’une usine de Portneuf. Ce n’est pas l’idéal, mais c’est néanmoins «écologique», selon lui, parce que le plastique remplace du combustible fossile.