Les propriétaires des boutiques érotiques PlanetX n’ont pas droit au programme Aide d’urgence aux petites et moyennes entreprises. La Ville de Québec estime que leur accorder un prêt pourrait nuire à son image.
Les propriétaires des boutiques érotiques PlanetX n’ont pas droit au programme Aide d’urgence aux petites et moyennes entreprises. La Ville de Québec estime que leur accorder un prêt pourrait nuire à son image.

Coït interrompu entre la Ville et PlanetX

Les propriétaires des boutiques érotiques PlanetX n’ont pas droit au programme Aide d’urgence aux petites et moyennes entreprises. La Ville de Québec estime que leur accorder un prêt pourrait nuire à son image.

En affaires depuis maintenant 23 ans, Jean-Luc Audet considère inacceptable la réponse de la Ville à sa demande d’aide financière. «Malheureusement, on ne peut recommander votre dossier parce que vos liens d’affaires engendrent un risque d’image pour la Ville de Québec», écrit l’administration municipale dans un courriel transmis le 16 juin. 

«C’est un peu insultant. Qu’est-ce qu’on veut dire par mes liens d’affaires? De façon cachée, on ne veut simplement pas prêter à une boutique érotique. Quand vient le temps de collecter nos taxes d’affaires, il n’y a aucun problème. Comme tout le monde, notre chiffre d’affaires a fondu, les loyers s’accumulent et d’autres frais», s’enrage le copropriétaire de six boutiques à Québec, qui emploie une trentaine de personnes.

«Nous sommes aux Galeries de la Capitale et à Laurier Québec. 

Pour avoir une place d’affaires dans ces centres commerciaux, il ne faut pas que tu mettes n’importe quoi dans ton magasin. On est dans la sexualité, oui. Mais dans la saine sexualité saine», plaide M. Audet.


« C’est un peu insultant. Qu’est-ce qu’on veut dire par mes liens d’affaires? De façon cachée, on ne veut simplement pas prêter à une boutique érotique. Quand vient le temps de collecter nos taxes d’affaires, il n’y a aucun problème. Comme tout le monde, notre chiffre d’affaires a fondu, les loyers s’accumulent et d’autres frais »
Jean-Luc Audet, copropriétaire de six boutiques PlanetX à Québec

Mercredi, le maire de Québec ne pouvait commenter précisément le dossier puisque certaines informations lui manquaient toujours. Il avance que les règles dictées par Québec, qui allonge l’argent des prêts gérés par la Ville, pourraient expliquer la situation. 

Il est vrai que le gouvernement Legault mentionne certaines exclusions dans ses règles d’admissibilité. Parmi elles, on peut lire «Toute autre activité qui serait de nature à porter atteinte à la moralité». Mais ça ne convainc pas M. Audet qui rappelle qu’on est en 2020.

Il faut dire que PlanetX n’est pas la seule à s’être fait exclure du programme. Sur les 306 demandes, 184 ont été acceptés à ce jour pour un prêt moyen de 38 000 $ par entreprise. 

En fin de journée, le service des communications a confirmé que le critère d’exclusion édicté par le gouvernement s’est appliqué lors du traitement du dossier. La Ville n’émettra pas d’autres commentaires.