Pour Catherine Monna (à droite), copropriétaire de Cassis Monna et Filles avec sa soeur Anne (qui ont pris la relève de leur père Bernard), il est incohérent que la SAQ utilise un produit français pour un cocktail qui doit mettre en valeur des alcools du Québec.

Cocktail du Québec: la SAQ «incohérente»

Récemment couronné cocktail par excellence de la province par la SAQ, le Royal Québec, un kir réinventé, est en dégustation partout au Québec. Or, certaines succursales auraient remplacé la liqueur de cassis locale de la recette par un produit français. Une situation qui dérange une productrice de l’île d’Orléans.

Pour Catherine Monna, copropriétaire de Cassis Monna et Filles, c’est une question de cohérence. En septembre, la SAQ a fait appel au public afin de trouver «le cocktail emblématique du Québec». 

L’heureux élu est un kir qu’a créé le mixologue Jean-René Lebel avec des pommes, du sirop d’érable et différents alcools locaux, dont la crème de cassis de Cassis Monna et Filles. Le Royal Québec est maintenant en dégustation dans les succursales de la province. 

«On n’avait rien à voir dans le concours, mais on était super contentes qu’il y ait des dégustations», lance Catherine Monna. 

Le problème, explique-t-elle, c’est que les succursales ont la liberté d’utiliser les alcools des producteurs de leur choix, tant qu’il respecte la recette générique. Ainsi, Mme Monna affirme avoir été informée par plusieurs clients qu’une liqueur de cassis française, moins dispendieuse, est utilisée dans plusieurs SAQ lors des dégustations. 

«On ne demande pas nécessairement que ce soit notre crème de cassis qui soit utilisée, mais au moins que ce soit un produit québécois. Les gens ont voté pour un cocktail emblématique du Québec. On estime que la SAQ a une responsabilité éthique de promouvoir les produits de la province avec ça.» 

«Super initiative»

C’est qu’à la base, le concours de la SAQ est une «super initiative», assure Catherine Monna. Elle reconnaît également que la société d’État a fait des efforts ces dernières années afin de davantage promouvoir les produits locaux. «Mais il faut aller jusqu’au bout», lance la copropriétaire de Cassis Monna & Filles, qui gère l’entreprise avec sa sœur Anne. 

«J’espère que c’est une erreur de bonne foi, mais c’est venu nous chercher de manière plus intime et je pense que ça méritait d’être dit. La SAQ doit faire preuve de leadership. Il n’est pas trop tard pour rectifier le tir», conclut la productrice.