Des employés et leurs représentants syndicaux sont intervenus pendant la séance du conseil d’administration du CIUSSS de la Capitale-Nationale, mardi soir, à Saint-Raymond de Portneuf, notamment pour présenter un dazibao d’une douzaine de bannières.
Des employés et leurs représentants syndicaux sont intervenus pendant la séance du conseil d’administration du CIUSSS de la Capitale-Nationale, mardi soir, à Saint-Raymond de Portneuf, notamment pour présenter un dazibao d’une douzaine de bannières.

CIUSSS de la Capitale-Nationale: une pétition contre les postes à abolir

Élisabeth Fleury
Élisabeth Fleury
Le Soleil
Des représentants et des membres du Syndicat des professionnèles, techniciennes et techniciens de la santé et des services sociaux (SPTSSS-CSN) sont intervenus pendant la séance du conseil d’administration du CIUSSS de la Capitale-Nationale, mardi soir, pour dénoncer l’abolition d’une centaine de postes au sein de l’établissement.

Les employés et leurs représentants syndicaux ont profité de cette séance, qui avait lieu à Saint-Raymond de Portneuf, pour remettre aux membres du conseil d’administration une lettre-pétition qui a récolté plus de 1000 signatures au cours des dernières semaines. 

Dans cette lettre publiée samedi dans Le Soleil, le président du SPTSSS-CSN, Danny Roy, demande au ministre Gaétan Barrette de ne pas autoriser les coupes au CIUSSS. 

Selon lui, les coupes «répétées» ont progressivement dégarni les équipes, augmentant du coup la charge de travail de ses membres. «Nous sommes vulnérables à l’erreur et nous avons souvent l’impression de ne pas arriver à offrir la qualité de service pour laquelle nous avons été formés», écrit M. Roy, ajoutant que dans un contexte de coupes, l’offre de services diminue, les intervenants tombent malades et les coûts en assurance-salaire «bondissent».

Fin septembre, Le Soleil rapportait que le CIUSSS de la Capitale-Nationale avait quelque 45 «mesures d’optimisation» à mettre en place pour combler un déficit de 15 millions $ et atteindre l’équilibre budgétaire exigé par le gouvernement. L’abolition d’une centaine de postes fait partie de ces mesures, nous confirmait le président-directeur général de l’établissement, Michel Delamarre.

Devant le refus de la direction de l’établissement de lui fournir les détails des coupes, le SPTSSS-CSN a fait savoir mardi qu’il entendait déposer une requête en accès à l’information. 

Plusieurs postes de professionnels touchés

Selon les informations recueillies jusqu’ici par le syndicat, «quelque 66 équivalents temps complet de professionèles, de techniciennes et de techniciens seront abolis au CIUSSS de la Capitale-Nationale d’ici le 1er avril 2018». Des postes de psychologue, d’éducateur spécialisé, d’hygiéniste dentaire, de nutritionniste et de travailleur social seraient notamment supprimés. 

Les données fournies par les membres feraient également état de la suppression de trois postes d’organisation communautaire sur 30. «Le CIUSSS a la responsabilité de la prise en charge de la santé globale des gens, de soutenir les initiatives de la communauté. C’est un travail de longue haleine, qui demande d’établir des liens de confiance. C’est ça qu’on fragilise en supprimant des postes d’organisation communautaire», dénonce Danny Roy. 

«On nous explique que le taux d’assurance salaire a augmenté durant la dernière année, ce qui a creusé un déficit et obligé la direction à faire des coupures. C’est un véritable cercle vicieux. Pour pallier au problème financier qui est directement causé par la surcharge de travail, on coupe des postes, ce qui risque d’aggraver le problème», déplore encore le syndicaliste.

Un dazibao de la Chine impériale

Outre la lettre-pétition, les représentants du SPTSSS-CSN ont présenté mardi au conseil d’administration du CIUSSS un dazibao d’une douzaine de bannières que le syndicat a fait circuler dans les milieux de travail ces dernières semaines pour permettre aux employés de s’exprimer sur les coupes. 

«C’est un dazibao de la Chine impériale qu’on a fait revivre parce qu’il y a un objectif de contrôler l’information au CIUSSS de la Capitale-Nationale. Les gens ont peur de parler, alors on a voulu leur donner la chance de s’exprimer. On a récolté pas moins de 300 commentaires sur la banderolle, qui fait 60 pieds de long!» a mentionné au Soleil Danny Roy.

Des commentaires ont aussi été recueillis électroniquement. L’un d’eux déplore qu’il «ne semble plus y avoir aucun intérêt pour la qualité des services» au CIUSSS. 

«Les normes professionnelles sont de plus en plus rigoureuses, mais les divers contextes de travail ne supportent pas cette rigueur. [...] C’est un immense rouleau compresseur et on souhaite que les besoins des clients rentrent dans le moule des services donnés», moule qui se rétrécit avec le temps, écrit l’employé.