Le bureau du premier ministre Trudeau n’avait pas réagi à l’appel lancé par la femme du blogueur saoudien au moment de publier ces lignes, vendredi après-midi.

Citoyenneté : la femme de Raïf Badawi demande à Trudeau de l’aider

OTTAWA - La femme de Raïf Badawi fait appel à la «bonté» de Justin Trudeau, à qui elle demande d’intervenir personnellement dans le processus d’obtention de sa citoyenneté et celle de ses trois enfants.

Dans une lettre ouverte publiée jeudi dans Le Nouvelliste, Ensaf Haïdar fait valoir que son statut actuel de résidente permanente complique ses déplacements à l’étranger et ne «lui offre pas la nécessaire sécurité que procure la citoyenneté canadienne».

La femme du blogueur saoudien qui croupit en prison depuis cinq ans et huit mois dans une geôle du royaume, est souvent appelée à voyager pour sensibiliser le monde au sort de son mari condamné pour avoir critiqué le régime.

«Je me déplace ainsi plusieurs fois par année pour remplir mes obligations de présidente de la Fondation Raïf Badawi, sans jouir pour autant de la nécessaire sécurité que procure la citoyenneté canadienne», ajoute Mme Haidar.

Dans sa missive intitulée «Monsieur Trudeau, nous avons besoin de votre aide», elle «ose» une requête additionnelle auprès du premier ministre: celle de décerner à Raïf Badawi une citoyenneté honoraire canadienne.

«Ce geste serait d’un grand réconfort pour Raïf et pour notre famille, en plus certainement de donner une assise aux démarches que vous faites pour sa libération», fait-elle valoir.

Elle rappelle que la Ville de Sherbrooke - Ensaf Haidar y est installée depuis décembre 2013 avec ses trois enfants maintenant âgés de 14, 13 et 10 ans - a fait de son mari un citoyen d’honneur en 2015.

Le gouvernement canadien a souvent fait valoir, tant sous Stephen Harper que sous Justin Trudeau comme premier ministre, qu’il était difficile d’intervenir dans le dossier de Raïf Badawi puisque ce dernier n’est pas un citoyen canadien, mais bien saoudien.

En décembre dernier, Ensaf Haidar avait eu un regain d’espoir en apprenant, dans ses échanges avec une délégation du Parlement européen, que son mari figurait pour une première fois sur une liste de pardon royal.

Elle semblait fonder un certain espoir en l’arrivée du prince héritier Mohammed ben Salmane, qui a promis de moderniser la gouvernance de son pays.

Le bureau du premier ministre Trudeau n’avait pas réagi à l’appel lancé par la femme du blogueur saoudien au moment de publier ces lignes, vendredi après-midi.