Ce sera aux citoyens de Saint-Apollinaire de décider si leur municipalité pourra amorcer le processus de changement de zonage nécessaire à la venue chez eux d'un cimetière musulman.

Cimetière musulman: un débat «particulièrement douloureux», estime Weil

Le débat un cimetière musulman à St-Apollinaire est «particulièrement douloureux» parce qu'il touche à la question sensible de la mort dans la foulée de l'attentat de Québec, estime la ministre Kathleen Weil.
La ministre responsable de la Diversité et de l'Inclusion refuse de prendre position dans le référendum qui décidera le 16 juillet du sort du projet du Centre culturel islamique de Québec. 
«Je ne voudrais pas m'ingérer dans ces débats qu'ils ont entre eux, a indiqué au Soleil la ministre Weil, mercredi. Les personnes qui vont se prononcer ont leurs raisons. Ils ont le droit en vertu du règlement municipal.»
Mais la ministre est «sensibilisée» à la problématique de l'absence de cimetière musulman au Québec, outre les deux situés à Laval. «Ces personnes ont choisi le Québec comme leur pays d'accueil, a noté la ministre. Ce sont des Québécois à part entière. Mais quand vient le moment d'enterrer ses proches...»
Une soixantaine de résidents touchés par le changement de zonage nécessaire à l'aménagement du cimetière décideront de l'avenir du projet. Un groupe d'opposants est parvenu à obtenir assez de signatures pour forcer la tenue d'un référendum. Le maire de St-Apollinaire, Bernard Ouellet, est favorable au projet de cimetière musulman sur un terrain de 18000 mètres carrés, derrière l'entreprise funéraire Harmonia. 
«Je suis très optimiste que, lorsqu'on mène les débats de façon responsable, en bout de ligne, les gens vont voir le côté humain de la question, a commenté la ministre Weil. L'important est de ne pas polariser» le débat. 
Elle illustre son propos par l'installation d'une mosquée à Shawinigan, en 2015, après que la communauté musulmane de l'endroit ait essuyé un premier refus. «Je pense qu'on commence à trouver des solutions un peu partout pour les communautés qui sont en croissance dans certaines régions du Québec, a dit Mme Weil. Moi, je vois que ça va dans le bon sens.»