Seules quelques personnes du secteur concerné et des zones contiguës auront le droit de se prononcer sur la poursuite du projet de cimetière musulman à Saint-Apollinaire.

Cimetière musulman à Saint-Apollinaire: une poignée de citoyens pourrait trancher

Finalement, une vingtaine de citoyens de Saint-Apollinaire pourraient décider de l'abandon ou de la poursuite du projet de cimetière musulman du Centre culturel islamique de Québec et de la société Harmonia lors du processus de consultation qui s'amorcera mardi.
On savait déjà que seules une centaine de personnes du secteur concerné et des zones contiguës auraient le droit de se prononcer sur la question, mais le maire Bernard Ouellet et la directrice générale adjointe et directrice du service d'urbanisme, Cathy Bergeron, ont confirmé que le nombre pourrait être plus petit encore.
C'est que dès mardi, un processus en trois étapes s'enclenchera en route vers un possible référendum dans l'un ou plusieurs des secteurs en question, à savoir le secteur concerné, ou secteur 104, qui regroupe à peine une dizaine d'unités d'évaluation, les secteurs industriels 103 et 105 et les secteurs agricoles 40A et 5A, ce dernier regroupant une quarantaine d'unités d'évaluation et la majorité de la population qui pourrait être appelée à voter, soit une soixantaine de personnes.
La première étape se déroulera du 18 au 26 avril et les citoyens de ces cinq secteurs qui souhaitent la tenue d'un référendum devront se manifester en écrivant une lettre à la municipalité.
«Cette première étape, ce n'est pas un registre, c'est un peu comme une pétition. Si la moitié plus un des résidents d'un ou plusieurs des cinq secteurs demande la tenue d'un référendum, un registre sera tenu dans ces secteurs et dans le secteur concerné», explique Cathy Bergeron. 
Bref, si sept personnes d'un secteur regroupant 12 personnes habiles à voter demandent un référendum, un registre sera tenu pour ces 12 personnes et la dizaine de résidents du secteur concerné. 
Une fois cette étape complétée, un registre sera tenu pour toutes les personnes habiles à voter des zones qui l'ont réclamé. Cette fois, il faudra que la moitié plus un des citoyens habiles à voter de ces zones apposent leur nom dans le registre pour qu'un référendum soit tenu sur la question du cimetière musulman.
«C'est la loi»
Le conseil municipal pourrait cependant choisir de ne pas se rendre jusque là s'il constate qu'une majorité des citoyens ayant demandé un référendum s'oppose au projet. «C'est au conseil de décider de tenir un référendum ou non et d'en déterminer la date. Mais ça ne sert à rien d'en faire un si on sait qu'on va se faire battre», a déclaré au Soleil le maire Bernard Ouellet.
Favorable au projet de cimetière musulman comme les autres membres du conseil, M. Ouellet ne cache pas qu'il aurait préféré que toute la population de Saint-Apollinaire se prononce sur la question. «Mais c'est la loi sur l'urbanisme qui est faite comme ça. Moi, je continue de dire qu'il n'y a pas beaucoup de gens qui sont contre. C'est seulement qu'on les entend plus.»
Il craint maintenant que des citoyens de zones comptant une poignée d'unités d'évaluation se mobilisent contre le projet et puissent ainsi le bloquer même si plusieurs personnes se sont exprimées en faveur de la venue du cimetière musulman lors d'une récente soirée d'information.