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Le CHSLD Herron
Le CHSLD Herron

CHSLD Herron: les audiences publiques du coroner reportées

Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
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Les audiences publiques sur les décès survenus au CHSLD Herron durant la pandémie ne procéderont pas comme prévu : la coroner Géhane Kamel a décidé «à contrecoeur» de reporter à septembre cette portion de son enquête.

Les audiences devaient débuter lundi, et les premières semaines de l’enquête devaient être consacrées au CHSLD Herron, qui a vécu une véritable hécatombe : 47 résidants y sont morts au printemps dernier, lors de la période visée par cette enquête, soit entre 12 mars et le 1er mai 2020.

Sauf que lundi, l’avocate de cette résidence privée pour aînés, MNadine Touma, a demandé le report des audiences. Ses motifs? L’enquête policière n’est pas terminée, et le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) n’a donc pas encore décidé si des accusations seront portées contre ses dirigeants.

Si c’est le cas, la preuve dévoilée lors de l’enquête du coroner pourrait nuire au processus criminel - et à ses clients, a plaidé Me Touma. Si le public entend la preuve, il sera impossible de trouver un jury impartial, entre autres raisons, a-t-elle aussi fait valoir lundi.

Après avoir pris le reste de la journée de lundi et la nuit pour soupeser ses options, la coroner Géhane Kamel a décidé mardi matin de reporter à septembre la portion de l’enquête portant sur le CHSLD Herron.

Elle ne s’est pas prononcée sur la validité des arguments légaux présentés par l’avocate de la résidence pour aînés.

La coroner a plutôt évalué la situation de façon pratique : si elle refusait la demande de report, Me Touma allait assurément porter cette décision en appel devant la Cour supérieure, et des années pouvaient s’écouler avant qu’un jugement ne soit rendu. «Je risque de ne pouvoir reprendre mes travaux durant des années», a-t-elle dit, soulignant que la dernière fois, un tel report avait entraîné un délai de «quatre longues années».

Or, a souligné MKamel, l’intérêt premier d’un coroner - et le sien, a-t-elle insisté - est d’apporter des réponses aux familles, qui ont déjà «assez attendu».

Pour cette raison, afin de leur éviter une attente encore plus considérable, elle a jugé préférable de reporter cette portion de ses travaux de sept mois. D’ici là, elle espère un dénouement au niveau de l’enquête criminelle.

Aux familles, elle s’est dite «sincèrement désolée».

L’avocat de quatre d’entre elles, Me Patrick Martin-Ménard, a dit que ses clientes «étaient très déçues».

Toutefois, il reconnaît que la décision de la coroner était «très difficile» dans les circonstances.

«Elle a pris finalement la décision qui, je pense, est la plus susceptible d’amener une reprise rapide de l’enquête sur Herron, en espérant que le DPCP ait pris sa décision en septembre prochain.»

La coroner va donc poursuivre les audiences publiques selon le calendrier prévu, et la prochaine résidence pour aînés qui sera examinée est le CHSLD des Moulins de Terrebonne, à la fin du mois de mars.