Gilberte Lemieux est décédée le 1er avril 2011 des suites d'une plaie de pression au coccyx en raison d'un manque de suivi.

CHSLD de Saint-Eustache: «ils ont tué ma mère»

Gilbert Vachon ne voulait pas vivre dans le regret de ne pas l'avoir fait. Il a fait un voyage de 4000 kilomètres, de Cold Lake en Alberta jusqu'à Québec, pour témoigner du triste sort qu'a connu sa mère dans un CHSLD.
Gilberte Lemieux est décédée le 1er avril 2011 des suites d'une plaie de pression au coccyx en raison d'un manque de suivi. Elle avait 83 ans. Elle avait été admise au CHSLD de Saint-Eustache, au nord de Montréal, après un accident vasculaire cérébral.
Le rapport du coroner a conclu en une gestion déficiente des soins de santé. Pour sa part, le Protecteur du citoyen a retenu qu'il n'y a pas eu de suivi du risque de plaie de pression pour Mme Lemieux. M. Vachon a porté plainte au criminel sans succès.
Trois ans plus tard, c'est avec beaucoup d'émotion, de colère et de tristesse que Gilbert Vachon a raconté cette histoire devant des députés médusés. «Ils ont tué ma mère. Je considère ça comme un meurtre. Ils l'ont laissée pourrir à petit feu. Ils ne l'ont pas soignée pour sa plaie de lit. C'est de la négligence criminelle», a-t-il commenté, au sortir de la commission parlementaire.
«Elle avait un trou de deux pouces de diamètre dans le bas du dos. Et on disait que les plaies étaient évaluées aux sept jours. Dans son cas, il y a eu un délai de 11 jours. Ça n'a aucun sens. C'est très souffrant. Et en plus, on me disait qu'elle se plaignait tout le temps. Ben oui, c'était compréhensible avec le trou qu'elle avait dans le dos», a-t-il poursuivi.
Gilbert Vachon ne comprend pas que des responsables n'aient pas été sanctionnés pour le manque de soins donnés à sa mère. «Des gens devraient être sanctionnés. On a besoin de ça. Je ne suis pas le gars qui veut envoyer du monde en prison. Si quelqu'un avait été puni là-dessus, il y aurait eu un signal pour les autres. Ça peut se répéter», a-t-il dit.
Il déplore le manque de communication entre les infirmières et le médecin qui n'avait pas été informé de la plaie de pression de Mme Lemieux. «Ma mère aurait pu vivre encore un bon cinq, six ans avec nous autres. Elle avait toute sa tête. Elle connaissait ses comptes de banque aux 10 ¢ près.»
Mercredi, en commission parlementaire, M. Vachon faisait partie de la délégation de l'Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic (AQRP). L'Association a présenté 13 recommandations pour améliorer les services dans les CHSLD dont la mise en place d'une norme qu'au moins deux bains complets par semaine soient donnés à toutes les personnes dans un CHSLD.
Par ailleurs, le président de l'Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées, Louis Plamondon, a blâmé les agences régionales de la santé pour les manquements dans les centres d'hébergement et de soins de longue durée. «Les agences ne remplissent pas leur mission de contrôle et de vigilance auprès des établissements. C'est copain-copain avec des dirigeants de CHSLD», a-t-il avancé.
De plus, M. Plamondon a déploré le manque de fonds alloués par le gouvernement pour des services aux aînés vulnérables.