Chiens dangereux: une loi toujours possible, dit Coiteux

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, dit ne pas avoir «lancé la serviette» dans le dossier des chiens dangereux. Il a toujours espoir de faire adopter une loi d’ici le 15 juin, afin de diminuer le risque de morsures.

«C’est jamais terminé tant que c’est pas terminé», a soutenu M. Coiteux en mêlée de presse mardi. Selon lui, il est toujours possible de rallier les partis d’opposition sur les éléments qui font consensus dans le projet de loi, soit des «normes minimales sévères». 

Pourtant, le projet de loi 128 n’a pas fait beaucoup de chemin depuis qu’il a été déposé en avril 2017. Des consultations ont eu lieu en mars dernier, mais le projet de loi n’a pas encore été étudié par les députés. 

Le projet de loi prévoit que l’euthanasie d’un chien qui a mordu ou attaqué une personne à mort peut être ordonnée par une municipalité. Il dresse aussi la liste des chiens qui sont réputés comme potentiellement dangereux, ce qui a mené à une levée de boucliers de la part des propriétaires de pitbulls, entre autres. 

Le sujet des chiens dangereux n’a même pas été à l’ordre du jour de la Table Québec-Municipalités, une rencontre annuelle entre le premier ministre du Québec et les représentants des villes, qui a eu lieu à Québec mardi. 

À la sortie de cette rencontre, Alexandre Cusson, président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) a dit avoir «hâte que ça se règle», tandis que Jacques Demers, président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), a soutenu que s’il y a une loi, il faut qu’elle soit assez large pour permettre des décisions locales. 

«Chacune des municipalités a le pouvoir de décider localement ce qu’elle doit faire. On vise ça dans la plupart des dossiers de toute façon», a soutenu M. Demers, qui représente les villes de plus petite taille. 

Les partis d’opposition à l’Assemblée nationale ont quant à eux accusé le gouvernement libéral d’avoir laissé les choses traîner en longueur. «Ils se sont engagés formellement [les libéraux], après des drames humains graves, à agir. Et là, ils se dégonfleraient? Moi, j’aime ça qu’un gouvernement ait un peu de mordant quand les gens sont victimes de chiens dangereux», a exprimé Jean-François Lisée, chef du Parti québécois. 

«M. Coiteux s’est traîné les pieds durant la dernière année», a déploré Simon Jolin-Barrette, de la Coalition avenir Québec. «M. Coiteux a calmé le jeu, puis ensuite, paf! Rien. Mains vides, comme en d’autres matières», a pour sa part soutenu Amir Khadir, de Québec solidaire.