Steven Lévesque et Gabriel Ayotte-Breton représentent fièrement les gars au sein de l’équipe de cheerleading civile du Black Storm de Rimouski.

Cheerleading: deux gars dans un monde de filles

Quand vous imaginez quelqu’un pratiquant le cheerleading, vous ne pensez probablement pas à quelqu’un portant des tatouages ou une barbe bien fournie! En fait, vous ne pensez probablement même pas à un homme, peu importe son look, tant ce sport est pratiqué à plus de 95 % par la gent féminine. Pourtant, Steven Lévesque, qui a pratiqué la boxe pendant quatre ans, et Gabriel Ayotte-Breton, un ancien footballeur des Vulkins de Victoriaville, représentent fièrement les gars au sein de l’équipe de cheerleading civile du Black Storm de Rimouski, qui participait samedi au Championnat régional de cheerleading de la région de Québec au Centre des congrès.

«Moi, c’est ma copine qui m’a amené là-dedans puisqu’elle fait du cheerleading depuis le secondaire. Avant une grosse compétition il y a quatre ans, un des gars de son équipe s’est blessé et elle m’a demandé si je ne pouvais pas venir remplacer. Je l’ai fait, à deux semaines d’avis, et je n’ai pas arrêté depuis», explique Steven.

Pour Gabriel, le cheerleading était au départ un «trip de gang». «On était six gars qui avaient commencé à en faire ensemble au secondaire. On avait commencé après Noël et on avait terminé l’année, mais je suis le seul qui ait continué par la suite.»

Sport physique

Dans leurs routines de cheerleading, Steven et Gabriel font presque tous les mêmes sauts et mouvements que leurs consoeurs, mais c’est leur force physique qui apporte un plus à l’équipe. Les deux gaillards ont un rôle crucial à jouer dans les portées et les attrapés qui suivent les projections. «Les mouvements plus sexy, pour attirer l’oeil, c’est sûr que je ne les fais pas. Il y en a qui sont à l’aise avec ça, mais moi j’aime mieux les faire différemment», rigole Steven. «Notre rôle est beaucoup d’enlever un peu de poids sur les épaules des filles lors des portées et des attrapés», explique Gabriel.   

«Le cheerleading est un sport très physique : ça prend de l’endurance, du cardio et de la force pour le faire», poursuit-il. «Ça prend de bons bras quand vient le temps de tenir quelqu’un dans les airs pendant qu’elle fait une figure. Ce n’est pas nécessairement facile», reprend Steven.

Dans leurs routines de cheerleading, Steven et Gabriel font presque tous les mêmes sauts et mouvements que leurs consoeurs, mais c’est leur force physique qui apporte un plus à l’équipe.

Préjugés

Les deux gars avouent cependant qu’il y a encore des préjugés concernant la pratique de ce sport au masculin. «Oui, il y en a, mais on s’en fout!» lance Gabriel. «Il y en a qui pensent qu’on est tous gais alors que d’autres s’imaginent qu’on a des pompons!» Le duo avoue apprécier particulièrement l’adrénaline que leur procure leur sport lors des compétitions importantes face aux autres grosses équipes civiles.

Janie Lapierre, de Kick’s Cheer & Events, organisatrice de la compétition, évalue à entre 2 % et 5 % le nombre d’athlètes masculins en cheerleading. «Des gars, il n’y en a pas beaucoup! On aimerait qu’il y en ait plus! Je suis à 100 % pour l’égalité des sexes, mais un bon gars très fort, c’est toujours très pratique dans une équipe», lance celle qui est engagée dans le monde du cheerleading depuis plus de 15 ans. «Il y a beaucoup de très jeunes garçons et aussi il y en a chez les 17 ans et plus, mais très peu entre les deux. C’est souvent un phénomène de gang. Il n’est pas rare de voir une équipe où il y a 10 gars par exemple.»

Populaire

La compétition de samedi réunissait environ 70 équipes et un total de 1200 athlètes de tout l’Est-du-Québec. La grande finale provinciale aura aussi lieu à Québec, les 16 et 17 mars au Pavillon de la jeunesse. «Même si la hausse n’est pas aussi forte qu’entre 2008 et 2012, la popularité de notre sport continue d’augmenter. Son attrait est qu’il réunit la danse, la gymnastique, les acrobaties et les arts du cirque», explique Mme Lapierre. «De plus, les gens connaissent de plus en plus ce sport et savent que ce ne sont pas seulement les filles sur les lignes de côté lors des matchs de football. D’ailleurs, même l’équipe de cheerleading des Alouettes de Montréal a maintenant un groupe spécialisé dans les stunts et les acrobaties aériennes.»

Certaines des équipes qui participent aux compétitions régionales et provinciales sont aussi les meneuses de claque de l’équipe de football ou de basketball de leur école, mais ce n’est pas systématique. «Avez-vous remarqué que personne n’a de pompons aujourd’hui? Il y a des écoles qui ont une équipe de football, mais dont l’équipe de cheerleading n’est pas sur les lignes de côté lors des matchs. Quand les filles se préparent pour une grosse compétition, elles ont moins le temps d’être là à chaque match de foot!» conclut Mme Lapierre.