Château Frontenac: un 125e tourné vers l’international

Tout juste après les célébrations du 150e anniversaire du Canada, c’est le vénérable Château Frontenac qui lançait jeudi soir les festivités pour souligner son 125e anniversaire avec une soirée à laquelle 500 personnes étaient invitées, dont près de 140 représentants des médias de sept pays du monde.

Ce n’est pas un hasard si des invitations ont été envoyées partout sur la planète puisque la clientèle internationale représente encore le plus grand pourcentage des réservations au Château Frontenac, dont 50 % des clients proviennent des États-Unis et un autre 20 % d’autres pays du monde.

«Nous venons de terminer une année record, la meilleure de l’histoire de l’hôtel et nous prévoyons surpasser ces résultats en 2018 et probablement encore en 2019», a expliqué au Soleil Robert Mercure directeur général du Château, indiquant que la clientèle asiatique était grandement responsable de cet essor.

Les tournages à Québec de la télésérie sud-coréenne Goblin ont incité plusieurs jeunes voyageurs de ce pays à visiter la capitale. «Le marché asiatique est en croissance et oui, Goblin a pesé dans la balance avec ses 3 milliards de téléspectateurs. De plus, contrairement aux Japonais qui préfèrent l’automne, les Coréens n’ont pas peur de l’hiver», explique-t-il.

Le Château a aussi senti un effet quand le gouvernement Trudeau a mis fin, en juin 2016, à l’obligation de détenir un visa pour les voyageurs mexicains. «On avait vu une chute du tourisme provenant du Mexique quand les visas avaient été rendus obligatoires en 2009, mais on a immédiatement senti l’effet inverse lors de l’abolition. Plusieurs Mexicains sont beaucoup plus intéressés par le Canada que par les États-Unis maintenant», indique le dg en laissant entendre que certains touristes mexicains peu favorables aux politiques du président Trump auraient moins envie de voyager chez l’Oncle Sam.

Accueil et culture

«Notre accueil, l’ambiance de Québec, son côté francophone authentique attirent énormément. On touche maintenant des marchés qu’on ne voyait jamais, des touristes qui allaient surtout dans l’Ouest canadien, par exemple le marché indien», explique M. Mercure.

Stimulée par un taux de change qui lui est favorable, la clientèle américaine serait également de retour en très grand nombre. «Et dans ce cas, on parle de touristes qui sont maintenant davantage attirés par le Québec et le Canada que par l’Europe, et ce, pour une multitude de raisons. Les étoiles sont alignées pour nous depuis l’an dernier», indique le dg, rappelant que Québec était une ville somme toute abordable.

«Côté prix, Québec est toujours assez raisonnable si on la compare avec des villes comme New York par exemple. Et il y a des gens extrêmement fortunés qui viennent ici, non pas en espérant trouver une boutique Louis Vuitton sur Saint-Jean, mais bien en raison du cachet de la ville et de sa culture», conclut-il.

Le Château ne devrait pas avoir raté son effet puisque rien n’avait été ménagé jeudi pour le gala de lancement des festivités du 125e. Projections avec la firme 7e Sens, stations de dégustations mises en place par le directeur culinaire Frédéric Cyr, la table était mise pour une soirée mémorable. 

«De tous les grands hôtels qui ont aujourd’hui entre 100 et 125 ans, Escoffier, le Ritz de New York, l’Hôtel Plaza, c’est le nôtre qui est le plus beau au monde! Aucun autre n’est situé sur une falaise surplombant la ville!» conclut M. Cyr.