Parce que les joueurs de Pokémon Go circulent en voiture, la direction du cimetière a dû installer une affiche aux entrées des voies pavées : «Chasseurs de Pokémon bienvenue mais... stationnement obligatoire.»

Chasser le Pokémon au cimetière... en auto!

Prisé par les fanatiques du jeu sur cellulaire Pokémon Go, le cimetière Saint-Charles leur demande de descendre de l'auto avant de circuler entre les sépultures...
«Depuis le lancement de ce jeu-là, on est populaire avec les joueurs», explique Julie Robitaille, responsable de communications et des événements. «Alors, depuis l'été dernier, on a énormément de gens qui se promènent dans le cimetière. Il semblerait qu'on a des arènes, qu'on a toutes sortes de choses.»
Plongés dans l'univers virtuel de Pikachu, d'aucuns semblent oublier où ils se trouvent. Et circulent en automobile tout en s'adonnant à leur passe-temps... Nous pourrions ajouter qu'ils oublient aussi que le cellulaire au volant est illégal.
«C'est juste qu'on demande aux gens de se stationner quand ils viennent faire ça au niveau du cimetière», explique Mme Robitaille. «Parce qu'il reste qu'on est un cimetière, on procède à des funérailles, des mises en terre. Quand les gens se promènent en voiture, à chasser des Pokémon et qu'ils passent près des gens qui sont en train de mettre quelqu'un en terre, on trouve que ça peut être un peu déplacé. Donc, on ne les empêche pas de venir, mais on les invite tout simplement à se stationner; ça reste un peu plus discret et c'est un peu plus respectueux.»
L'intérêt avait diminué depuis le lancement fracassant de l'application ludique l'été dernier. Une récente mise à jour du jeu a toutefois ravivé la flamme, les adeptes revenant en nombre, observe Julie Robitaille. Les employés en rencontreraient chaque jour. «Il y a comme eu une relance.»
La direction a donc dû installer une affiche aux entrées des voies pavées de la section la plus ancienne du cimetière, celle bordée par la rue Saint-Vallier Ouest : «Chasseurs de Pokémon bienvenue mais... stationnement obligatoire.»
«Quand il y a juste une personne qui circule pour trouver des petits bonshommes, ce n'est pas si pire. Mais quand à un moment donné il y en a trois, quatre, parce qu'ils tombent sur une arène, ça fait un petit peu plus de circulation. On ne veut pas nuire aux opérations du cimetière.»
L'hiver, surtout, l'espace manque avec la neige qui envahit le vaste lot, ajoute-t-elle. On ne veut pas que les passionnés dérangent les proches des défunts.
Application mobile
Au fait, pourquoi le jeu Pokémon Go est-il si présent dans le cimetière? Ce logiciel fonctionne avec la géolocalisation. Les joueurs doivent donc se déplacer physiquement vers les lieux où se trouvent des personnages, des outils ou des arènes de combats.
Et le cimetière Saint-Charles, fondé en 1855, a créé une application gratuite de circuits patrimoniaux qui permet de découvrir les personnages historiques qui y sont enterrés. Ces données sont publiques et récupérées par le populaire jeu qui dirige les amateurs vers les monuments d'intérêt, remarque Mme Robitaille.
Les clientèles des deux applications ne seraient pas les mêmes : «On voit bien la différence quand vous allez dans le cimetière et que vous voyez les gens qui regardent leur téléphone plutôt que de chercher un monument...»
«On n'est pas contre leur présence dans le cimetière, poursuit Mme Robitaille. Ça peut faire découvrir une partie de la Ville aux gens qui ne sont jamais venus chez nous. On veut juste s'assurer qu'ils comprennent à quoi sert le lieu aussi et qu'ils soient respectueux des gens.»
Donc, en voiture, entrez par le portail principal et laissez le bolide derrière le bâtiment. «Le stationnement est pas mal au centre d'où ça se passe.»