Françoise David

Charte des valeurs : droit de parole limité pour Québec solidaire

Québec solidaire (QS) s'est fait prendre au jeu des règles parlementaires pour la commission examinant la charte de la laïcité. La durée de ses échanges avec les participants, déjà très limitée, sera réduite. Et QS ne pourra pas formuler de recommandations pour éventuellement modifier la législation.
Les auditions, où se feront entendre plus de 200 citoyens ou groupes d'intérêts, ont débuté en l'absence du petit parti de gauche. «Je ne suis pas en train de bouder», a lancé en riant la députée Françoise David, qui sera aux audiences, mercredi, après en avoir été empêchée pour des raisons personnelles mardi.
Mais les procédures limiteront ses interventions, a-t-elle reconnu. Selon les règlements, un seul député dit «indépendant» - QS n'a pas le statut de parti reconnu à l'Assemblée nationale - est membre d'une commission parlementaire. Or, Daniel Ratthé, exclus des rangs de la Coalition avenir Québec, a obtenu ce siège. Cela fait en sorte que QS n'a pas pu exposer brièvement son point de vue, à l'amorce des travaux. Cela réduira de quatre minutes et demie à trois minutes la période de «questions/réponses» avec les invités en commission. Surtout, cela privera Mme David de proposer des amendements lorsque les parlementaires examineront le projet, article de loi par article de loi.
Au bout du fil, l'élue de Gouin a avancé qu'il n'est pas interdit que des changements qu'elle propose soient repris par une autre formation. «Ce n'est pas impensable», a-t-elle répondu en ajoutant que «la partisanerie prendra énormément de place ici», en raison notamment de l'attitude du ministre Bernard Drainville, selon elle.
C'est sur l'île de Montréal, qui compte de fortes communautés multiethniques, que Québec solidaire a ses deux députés. «Nous représentons certainement une frange de la population qui vit très bien avec la diversité [et] qui aspire aussi à l'égalité hommes/femmes. Ce n'est pas incompatible.» Françoise David a insisté sur le fait qu'elle ne se sent pas «victime» des autres formations dans cette histoire, si ce n'est que QS paie pour «des règles qui sont faites pour le bipartisme. À la limite, s'il y en a trois, c'est comme si on pouvait faire avec. Au-delà de ça, on dirait qu'il n'y a rien pour faciliter l'existence d'un véritable pluralisme politique».