L'actuelle église Saint-Charles-Borromée, qui surplombe le Trait-Carré, a été achevée en 1830 et classée monument historique en 1959.

Charlesbourg fête ses 350 ans

Aujourd'hui intégré aux arrondissements de Québec, Charlesbourg a marqué l'histoire de la région et de la province. Par l'action et les décisions du roi Louis XIV, en raison du rôle des Jésuites et de l'intendant Jean Talon, Charlesbourg s'est imposé au fil des années dans le développement de la région de Québec. L'année 2015 permet de retracer l'histoire de l'endroit et de célébrer le travail accompli par les générations passées et actuelles et de se tourner résolument vers l'avenir.
Désormais l'un des six arrondissements de la ville de Québec, Charlesbourg, qui célèbre ses 350 ans cette année, fut l'un des projets de colonisation du roi Louis XIV. 
«Charlesbourg était le premier bourg situé en dehors des cours d'eau», explique Ruth Giroux Allaire, bénévole depuis 21 ans à la Société d'histoire de Charlesbourg. «Le roi avait demandé au gouverneur d'exploiter des villages plus loin des cours d'eau pour développer le territoire de l'arrière-pays.»
Concédée aux Jésuites en 1626, la seigneurie Notre-Dame des Anges, d'une dimension semblable à celle de Beauport, s'est divisée en quatre communes : Charlesbourg, Petite-Auvergne, de la Sapinière et Bourg-Royal. La Seigneurie s'étendait de la rivière Saint-Charles aux Cantons unis de Stoneham-Tewkesberry. 
Surprise! Quand les Jésuites s'y sont installés, «des colons [six familles] squattaient les terres, tout près de ce qui est aujourd'hui le parc Cartier-Bréboeuf», raconte Mme Giroux Allaire. Ils n'ont pas été évincés, le plan de la seigneurie a plutôt été ajusté pour y ajouter une petite partie. 
En étoile
Afin de développer le territoire, les Jésuites ont cédé des concessions en 1665. Ces terrains, disposés en étoile autour de l'espace du Trait-Carré, s'étendaient sur environ 40 arpents. Les terres ont été cédées à des censitaires. Certains, soit Philippe Matou et Pierre Vivier, ont pu mettre la main sur deux de ces concessions. 
«Autrefois, on apprenait à l'école que c'était Jean Talon qui avait concédé les terres, mais ce n'est pas possible. Elles ont été concédées en mars 1665, et il est arrivé à l'automne» ajoute Mme Giroux Allaire, qui précise que loin de concéder les terres, Jean Talon a plutôt pris possession d'une partie du territoire des Jésuites, dont Bourg-Royal.
Terres à bois
En plus de leurs concessions, les censitaires recevaient également une terre à bois, près du Lac-Beauport. «Il y avait des conditions, il fallait qu'ils défrichent leur terre», et qu'ils remettent une partie de leurs cultures, explique Jean Bédard, trésorier des Fêtes du 350e. 
En échange, les seigneurs de-vaient fournir un moulin pour moudre le grain. Parce que ce moulin a été construit loin des cours d'eau, deux rivières ont dû être détournées, dont la rivière des Commissaires, pour assurer un débit suffisant au fonctionnement du moulin. Ils devaient également tenir un manoir sur le territoire, ce qu'ils n'ont pas fait. «Ils géraient de loin», rigole Mme Giroux Allaire. 
Pourquoi cette disposition en étoile? Pour protéger les villageois des attaques autochtones... qui ne se sont pas, ou peu, produites, explique Mme Giroux Allaire, et aussi pour créer une communauté. Très près l'un de l'autre, les voisins pouvaient s'entraider sans devoir marcher des kilomètres. 
D'abord une église
Les premiers bâtiments à être érigés dans le Trait-Carré furent une chapelle en bois (en 1666) et le presbytère. Avant, le père Guillaume Mathieu, jésuite, célébrait la messe en itinérance. 
Aux bâtiments religieux se sont ajoutés le magasin général, l'école des garçons, puis celle des filles. L'actuelle église Saint-Charles-Borromée, qui surplombe le Trait-Carré, sera achevée en 1830. Elle a d'ailleurs été classée monument historique en 1959. Aujourd'hui encore, elle se dresse haute, au centre du Trait-Carré. 
Lieu de rencontre de la communauté, le Trait-Carré fut la première partie à se développer réellement. Il a fallu attendre les années 50, explique M. Bédard, avant que la population ne s'étale réellement, ailleurs que dans le Trait-Carré et le long des rues principales. Jusque-là, Charlesbourg restait principalement agricole (voir la photo de 1948). 
Pour plus d'information
- le Trait-Carré de Charlesbourg : goo.gl/1HBno6
- l'église Saint-Charles-Borromée : goo.gl/NXzgIe
<p>Avant que la population ne s'étale réellement ailleurs que dans le Trait-Carré et le long des rues principales, Charlesbourg restait principalement agricole, comme on peut le voir sur cette photo de 1948.</p>
Dates importantes
1626: Concession de la seigneurie Notre-Dame des Anges aux Jésuites
1665: Concessions de terres de 40 arpents par les Jésuites, selon une disposition en étoile autour du Trait-Carré
1695: Construction de la première église en pierre
1730: Construction du Moulin des Jésuites
1830: Construction de l'église Saint-Charles-Borromée
1976: Fusion de la cité de Charlesbourg, de Charlesbourg-Est, de Notre-Dame des Laurentides et d'Orsainville
2002: Fusion avec la ville de Québec
2015: 350e de Charlesbourg
Au programme des Fêtes
11 avril
Quoi : un spectacle rassemblant 350 choristes de Charlesbourg et la chanteuse Mélissa Bédard
Où : église Saint-Rodrigue, 4760, 1re Avenue
Quand : 14h et 20h
9 mai
Quoi : distribution de 350 hémérocalles, la fleur emblème des Fêtes
Où : stationnement de l'Arpidrome, 75, rue de la Sorbonne
Quand : 8h30
Coût : gratuit avec preuve de résidence
24 mai
Quoi : fête des défricheurs : déjeuner, visite guidée, jeux et expositions
Où : Moulin des Jésuites, 7960, boulevard Henri-Bourassa
Quand : de 10h à 15h
Coût : 3 $ par adulte, 1 $ par enfant