Tirant des leçons des dernières vagues de générosité dans Limoilou, des citoyens ont décidé de créer une page Facebook afin de mieux contrôler l'aide envers les sinistrés de l'incendie survenu mercredi.

Charité ordonnée pour les sinistrés de Limoilou

Les citoyens qui se mobilisent pour venir en aide aux sinistrés de l'incendie de mercredi sur la 3e Avenue ont tiré des leçons des dernières vagues de générosité dans Limoilou. «C'est pas les idées qui manquent, mais on va faire ça dans l'ordre», prévient l'une des instigatrices du mouvement sur Internet.
Izabelle Houde habite tout près de l'immeuble résidentiel et commercial qui a été rasé par les flammes mercredi soir. Avec d'autres voisins, elle a créé la page Facebook «Pour les sinistrés du 15 janvier 2014 de Limoiloup» pour mieux contrôler l'élan de générosité envers les sinistrés.
À noter qu'il faut bien inscrire Limoiloup, en référence au loup empaillé qui trônait dans la vitrine du commerce Fourrures Falardeau au rez-de-chaussée de l'immeuble. Ce loup était devenu une référence pour les résidants du coin, et fascinait les enfants qui passaient devant.
Rescapé de l'incendie, l'animal empaillé sera quelque peu restauré et pourrait permettre d'amasser des fonds, explique Izabelle Houde. Certains citoyens pensent à organiser une campagne où tous seraient invités à se faire prendre en photo à ses côtés. Les sous récoltés seraient versés à un centre d'entraide du quartier.
«Limoilou, c'est une communauté très forte, donc les gens veulent beaucoup aider», souligne Mme Houde.
Envahis par des centaines de boîtes
L'enseignante au primaire rappelle l'énorme vague de générosité survenue dans Limoilou en mars 2013, lorsqu'un incendie a jeté huit familles immigrantes à la rue. Le gymnase de l'école du quartier et le bureau du député Raymond Côté avaient été envahis par des centaines de boîtes de dons en tous genres.
«Quand c'est arrivé sur ma rue [mercredi], c'est là qu'on a initié le mouvement en disant "chez nous, ça va se faire plus calmement, plus lentement, mais ça va se faire bien". On veut être certains que les gens reçoivent l'aide dont ils ont réellement besoin», explique Izabelle Houde.
«Il y a beaucoup d'organismes qui sont là pour aider. Par contre, il n'y a plus beaucoup d'organismes qui sont prêts à ouvrir leurs portes pour accepter les dons matériels parce que très vite, ça dégénère et ils se retrouvent avec 100 bases de lit», illustre-t-elle.
Mme Houde a rejoint samedi chacun des sinistrés. Elle conclut que seules trois ou quatre personnes ont des besoins pressants. Le premier est de leur trouver un nouveau logement. Des détails sont donnés à ce sujet sur la page Facebook.
«Déjà, ces gens-là paniquaient quand je leur parlais. Ils disaient : "Je ne veux pas avoir de matériel, je n'ai pas de place où le mettre." C'est pour ça qu'on est là pour les organiser», précise Izabelle Houde.
Dès mardi, la dizaine de sinistrés pourra bénéficier d'une aide alimentaire à l'Armée du Salut.