La Société québécoise des infrastructures cherche à reprendre la gestion de la chapelle du Bon-Pasteur, pour préserver les oeuvres qu'elle contient.

Chapelle du Bon-Pasteur: Québec veut sauver le bâtiment de l'abandon

Le gouvernement du Québec cherche à reprendre possession de la chapelle historique du Bon-Pasteur, laissée à l'abandon depuis des années.
Le bâtiment classé patrimonial, qui se dresse aux côtés de l'édifice Marie-Guyart (complexe G), a été fermé dans la tourmente en 2007, puis laissé à lui-même.
Son sort inquiète la Société québécoise des infrastructures (SQI), qui cherche à en reprendre la gestion après l'avoir laissée à une corporation bénévole au début des années 2000.
La SQI a récemment demandé à la Cour supérieure de radier le bail emphytéotique qui a permis au défunt organisme Espace Bon-Pasteur de gérer la chapelle construite en 1866 et d'autres immeubles voisins.
Ce regroupement de bénévoles a tenté de sauver la chapelle lorsqu'elle était plombée par une dette de 175 000 $ envers la Ville de Québec. Comme la Ville a refusé d'effacer la dette, l'organisme a fermé les livres - et le bâtiment - en 2007.
Les anciens administrateurs disaient avoir tout fait pour garder la chapelle ouverte au public, rue de la Chevrotière.
Dans des documents déposés à la cour par la SQI, on peut lire qu'Espace Bon-Pasteur a laissé la chapelle «sans aucune surveillance, sans aucune rénovation, sans aucun entretien, de sorte qu'elle met en péril sa conservation».
Il est précisé que le bâtiment historique contient de «nombreuses fresques et oeuvres religieuses importantes et de grande valeur». Le lieu, dont l'acoustique était appréciée des musiciens classiques, a déjà abrité un piano à queue et un orgue valant à eux seuls 300 000 $.
Questionnée sur l'avenir de la chapelle, la SQI soutient que les démarches judiciaires ne visent pas à lui trouver une nouvelle utilité. «C'est vraiment dans l'optique de maintenir les oeuvres qu'elle contient et d'en assurer la pérennité», explique le porte-parole, Martin Roy. La Cour supérieure doit, de toute façon, redonner les pleins droits de propriété au bras immobilier du gouvernement avant de penser à une possible conversion.
M. Roy précise par ailleurs que la SQI a effectué des «travaux d'urgence» dans les dernières années pour conserver l'aspect patrimonial de la chapelle, et ce, même si le gouvernement n'en était pas le véritable propriétaire.
Pas de somme allouée
En février, l'ancien gouvernement péquiste avait annoncé dans son deuxième budget une somme de 6,5 millions $ pour la mise aux normes et la conversion de la chapelle du Bon-Pasteur. Il était question d'y aménager une salle de spectacles pour la musique classique, sans échéancier précis.
L'enveloppe de 6 à 7 millions $ n'a pas été reconduite par le gouvernement de Philippe Couillard, lors du dépôt du budget Leitão en juin. La SQI affirme qu'elle étudie toujours les travaux qui devront être réalisés dans la chapelle, après des années d'abandon.
En 2009, le gouvernement libéral de l'époque avait lancé un appel de projets auprès des personnes «qui pourraient être intéressées à utiliser et à mettre en valeur la chapelle des Soeurs-du-Bon-Pasteur». Vendredi, le ministère de la Culture a refusé de divulguer les propositions qu'elle a reçues il y a cinq ans.
«L'appel de projets était public, mais les documents produits par les organismes ne nous appartiennent pas. On ne peut pas vous les donner», a-t-on indiqué, en invitant Le Soleil à formuler une demande d'accès à l'information. Il n'a pas été possible de connaître les quatre organismes qui avaient alors soumis des projets.