Jeudi, à l’hôtel de ville avec le maire Régis Labeaume, c’était jour de réjouissances pour quelques dizaines de jeunes qui ont participé à un parcours de réinsertion.

Chantiers urbains: retrouver une place dans le système

Kevin Esculier et Jonathan Roy ont 28 ans. Tous deux avaient décroché, erré. Mais après six mois à travailler pour la Ville de Québec dans le cadre d’un programme de réinsertion, ils se projettent dans l’avenir en tant que rouages du «système» qu’ils avaient repoussé.

«Exactement, c’est réintégrer le système, faire partie du système», déclame Kevin Esculier. «Pour moi, c’est un retour au marché du travail. Juste le fait d’avoir fini le projet, ça m’a permis de me prouver à moi-même que je suis capable de faire un peu comme tout le monde, comme monsieur et madame Tout-le-monde, ce qui veut dire travailler du lundi au vendredi, faire mes shifts

Jonathan Roy, lui, voit sa place en salle de cours : «Je vise un retour aux études.» Jeudi, c’est à l’hôtel de ville que nous les avons croisés. C’était jour de réjouissances pour quelques dizaines de jeunes qui, comme eux sont passés à travers, ont réussi. L’été durant, ils ont participé aux Chantiers urbains, un parcours de réinsertion créé il y a une quinzaine d’années.

C’est quoi? «Chantiers urbains, c’est un programme qui aide les jeunes qui ont besoin d’encadrement, qui ont besoin d’une expérience de travail significative, qui les aide aussi à grandir en tant que personne», résume Jonathan Roy.

Cette initiative vise spécifiquement les 18 à 30 ans qui ont «vécu des difficultés [toxicomanie, décrochage scolaire, problème familial ou judiciaire, peu ou pas d’expérience de travail, etc.]», précise le site Web municipal. «Le projet dure entre six et huit mois, à raison de 35 heures par semaine au salaire minimum, soit quatre jours de travail et une journée de formation citoyenne.»

Formations utiles

Le travail avec un horaire fixe est donc au cœur de la démarche. Mais il y a aussi une intervention individualisée pour aider les jeunes à «clarifier» leur projet de vie ainsi que des formations «utiles au quotidien [budget, gestion de conflits, choix de carrière, etc.]».

Kevin Esculier fait remarquer que les portes sont grandes ouvertes à tous ceux qui sont minimalement motivés : «Quelqu’un qui veut se reprendre en main, qui est prêt à faire des sacrifices et les efforts nécessaires pour devenir ce qu’on mérite d’être.»

Et qu’ont-ils fait cet été? «On travaille pour la Ville de Québec. Nous, principalement, c’était l’arrondissement Beauport. On fait du travail un peu partout en ville, on a aménagé des parcs, on a reboisé des forêts, on a replanté des arbres, on a appris beaucoup d’affaires.»

«Il y a beaucoup de confiance qui vient avec ça», explique Jonathan Roy. «D’être capable de terminer un projet de six mois, travailler 35 heures/semaine, de reprendre la routine. […] Tous les projets qu’on mène à bien, c’est beaucoup de fierté qui en ressort.»