Chantier du mégahôpital à l’Enfant-Jésus: 700 000 $ par jour [PHOTOS et VIDÉO]

Le chantier du nouveau complexe hospitalier (NCH) de 2 milliards $ en construction sur le site de l’Enfant-Jésus prendra de l’ampleur à partir de l’hiver alors que la phase 2 du projet sera lancée.

Actuellement, la Société québécoise des infrastructures «décaisse» entre 600 000 $ et 700 000 $ chaque jour, a lancé Robert Topping, directeur général pour le bureau de projet, au cours d’une visite de presse organisée mardi. «On est rendu à près de 400 travailleurs sur le chantier.»

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Au plus fort de l’entreprise, dans un an environ, autour de 1000 ouvriers s’activeront. «On va parler de 1 million $ à 1,2 million $ par jour», jauge M. Topping.

La phase 1 est complétée à 60 %, évalue-t-il. La centrale énergétique, le Centre intégré de cancérologie (CIC) et le stationnement sont donc avancés, ont pu constater les journalistes.

Des patients devraient d’ailleurs être accueillis dans les nouvelles installations dès l’an prochain, même si les travaux seront au plus fort juste à côté. «[Le CIC], c’est le premier bâtiment qui va être livré en mars 2020», observe Luc Gagnon, directeur clinique pour le NCH au sein du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Québec.

Les 14 voûtes où les malades recevront des traitements de radiothérapie et les deux voûtes d’imagerie médicale spécialisée sont presque terminées. Les tireurs de joints font la finition des salles de béton dont les murs et le plafond font entre 1,5 et 2 mètres d’épaisseur pour bloquer les radiations nucléaires. La clientèle sera officiellement reçue en décembre 2020, après le rodage.

Il faudra cependant protéger les usagers de la poussière, du bruit. Aussi trouver un moyen pour les transporter entre les installations de l’Enfant-Jésus, toujours en activités, et les locaux neufs en passant à travers le chantier.

Le défi logistique est important, insiste Robert Topping : «C’est comme changer un moteur d’avion en vol». Il fait remarquer que des sismographes ont été installés «un peu partout» dans l’hôpital pour s’assurer qu’un patient opéré au cerveau, par exemple, ne se mette pas à bouger sur la table tandis que le médecin joue du scalpel.

Il faut dire que la seconde phase du NCH s’annonce retentissante; la machinerie sera très active. L’entrepreneur érigera alors les bâtiments pour les soins critiques, les salles d’opération, le centre de recherche... La plus haute construction fera 11 étages.

Les premiers appels d’offres devraient être publiés dès la semaine prochaine, note M. Topping. «Ces travaux vont commencer normalement en janvier 2020.»

Imprévus

Pour l’heure, les coûts seraient endigués; il est toujours question d’une enveloppe de 1,967 milliard $. «On respecte le budget, on respecte les échéances», assure M. Topping. Il y a néanmoins eu des imprévus. Du nombre, des sols plus souillés que prévu : 800 000 $ de plus pour la décontamination. Et le bâtiment de la buanderie Partagec qui n’a pu être démoli rapidement, entre autres parce qu’on y a «découvert» de l’amiante : encore 800 000 $ en extra.

Le nouveau complexe hospitalier regroupera les activités des pavillons de l’Hôtel-Dieu et de l’Enfant-Jésus. Les spécialités de l’oncologie, des grands brûlés, des neurosciences, de la traumatologie et de la néphrologie y seront regroupées, énumère Luc Gagnon du CHU de Québec.

Tramway

En 2025, 2026, quand le NCH sera terminé, quelque 5500 personnes devraient y travailler… Ce qui suscite des réflexions quant au transport en commun pour les déplacements de cette masse de travailleurs.

En prenant soin de dire qu’il s’exprimait en son nom pour éviter d’indisposer la mairie de Québec, le CHU et la SQI, Robert Topping a déclaré, en toute fin de visite de presse : «Si j’étais citoyen, j’aimerais bien que le tramway passe par ici». Aucun des nombreux représentants du CHU et de la SQI présents ne l’a repris, ne l’a contredit.