Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, estime qu’il faudra plus de deux contrats de transformation de navires en brise-glace pour relancer les activités au chantier maritime Davie.

Chantier Davie: trois brise-glace est un bon début, selon Lehouillier

Pour le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, il faudra davantage que deux contrats de transformation de navires en brise-glace pour «relever» les chantiers maritimes Davie.

Les chantiers lévisiens, qui ont mis à pied près de 1000 travailleurs depuis l’automne, négocient depuis plusieurs mois avec le gouvernement canadien afin d’obtenir des contrats. 

Il était question au départ d’acheter quatre brise-glace de la multinationale Royal Dutch Shell et de les élever aux normes canadiennes aux chantiers Davie. L’information ayant filtré au cours des dernières semaines mentionnait cependant plutôt un contrat pour entre deux et trois brise-glace.

Insuffisant

«Nous avions rencontré le cabinet du premier ministre Trudeau au mois de mai et on nous a laissé entendre que ce serait imminent pour deux brise-glace», a expliqué le maire Lehouillier avant la séance du conseil lundi.

«Deux brise-glace cependant, ce n’est pas suffisant pour faire vivre un chantier qui pourrait réaliser 70 % des contrats de construction navale au Canada», a-t-il poursuivi.

«À eux seuls, ces deux contrats ne seraient pas assez pour relancer Davie. Trois, ce serait un bon départ», a lancé M. Lehouillier, qui semblait quand même optimiste. «On s’attend à de bonnes nouvelles du côté des brise-glace au cours des prochains jours.»

Le maire de Lévis n’est pas le seul à avoir demandé au gouvernement canadien d’en faire plus pour Davie lundi. L’ex-chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a exprimé le même sentiment sur plusieurs tribunes.

M. Duceppe a déploré que le chantier n’ait reçu que 1 % des contrats liés au renouvellement de la flotte canadienne évalués à 75 milliards $.

Davie avait en effet été écartée en 2011 de la Stratégie de construction navale du gouvernement conservateur de Stephen Harper en raison du fait qu’elle traversait des difficultés financières quand les appels d’offres avaient été lancés. Les chantiers concurrents Seaspan de Vancouver et Irving d’Halifax avaient alors décroché la manne fédérale.

Position précaire

La fin prochaine du contrat de construction de deux traversiers qui feront la navette entre Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine plaçait aussi le chantier lévisien dans une position précaire.

Environ 600 employés oeuvrent toujours aux chantiers maritimes Davie, mais ce chiffre pourrait diminuer malgré l’éventuel contrat pour les brise-glace, qui n’assurerait la pérennité que de 400 emplois pendant deux ans.

Le gouvernement du Québec a récemment annoncé qu’il investissait 188 millions $ dans une filiale des chantiers maritimes Davie. Cette injection de capitaux permettra au gouvernement québécois de devenir propriétaire à 30 % du navire MV Asterix, un ancien porte-conteneurs transformé en ravitailleur à Lévis et qui est loué à la Marine royale canadienne en vertu d’un contrat de cinq ans renouvelable.