La mobilisation du 22 avril 2019 autour de l’Assemblée nationale. Les jeunes promettent de se faire entendre de nouveau.

Changements climatiques: les élèves de 5e secondaire n’arrêteront pas

Les élèves de cinquième secondaire comptent bien se faire entendre auprès du gouvernement du Québec. Depuis leur examen du Ministère, où on leur demandait d’argumenter sur les façons de «s’adapter» aux changements climatiques, ils multiplient les actions de mobilisation.

Mercredi, une lettre a été envoyée à plus de 150 destinataires, dont le premier ministre François Legault, par plusieurs élèves.

Rien ne sert de les féliciter pour leur intérêt envers l’environnement ou leur motivation à changer les choses, ce n’est pas ce qu’ils souhaitent.

«On ne veut pas juste être entendus et compris, on veut des changements. On veut qu’il y ait des actions concrètes qui soient prises. Le ministre de l’Éducation [Jean-François Roberge] disait qu’il était fier que les jeunes embarquent dans ce mouvement-là, mais ça, c’est facile à dire. Oui, c’est bien qu’on participe, mais c’est lui qui peut changer les choses. On le sait qu’on est jeunes et qu’on n’est pas des scientifiques, on n’a pas toutes les données de la terre. Mais on sait que les députés sont au courant et sont capables de trouver des solutions. On veut juste qu’ils les mettent en marche», laisse savoir Francis Larouche, un élève de l’École secondaire des Pionniers à Trois-Rivières.

Le 1er mai, les élèves de cinquième secondaire prenaient part à leur examen de français final imposé par le ministère de l’Éducation du Québec. Ils ont eu toute une surprise lorsqu’ils ont découvert la question du texte argumentatif «Peut-on s’adapter aux changements climatiques?». 

Les adolescents ont rapidement dénoncé le manque d’intérêt du gouvernement à trouver des solutions aux changements climatiques.

«L’examen, ce n’est pas juste la question qui nous a fâchés, c’est aussi le fait que toutes les mesures écrites comme des conseils dans notre cahier, le gouvernement ne les respecte pas. On ne comprend pas pourquoi dans le cahier fourni par le gouvernement, ils nous donnent des conseils, mais ne les respectent pas eux-mêmes. C’est comme s’ils nous demandaient d’aller crier à leur porte. Ça n’a pas débuté un mouvement, ça en a réveillé plusieurs», exprime Francis Larouche.

Le groupe Facebook «Examen du ministère 2019», qui se voulait une plateforme pour s’échanger des astuces et des notes au départ, s’est vite transformé en page de mobilisation pour la lutte aux changements climatiques. Plus de 36 000 personnes se sont jointes au groupe depuis sa création. 

Dans le groupe, les élèves parlent d’organiser des manifestations, de signer des pétitions, de créer des pages politiques sur les réseaux sociaux, de faire une collecte de déchets ou d’interpeller les députés de leur secteur. 


« Les mesures écrites comme des conseils dans notre cahier, le gouvernement ne les respecte pas »
Francis Larouche, élève de l’École secondaire des Pionniers à Trois-Rivières

Plusieurs ont aussi apposé un cercle vert à la suite de leur signature à la fin de leurs examens, le signe étant associé au mouvement contre les changements climatiques. À la suite de cette initiative, Francis Larouche et d’autres amis ont créé le groupe Le Cercle Vert — qui compte plus de 2500 personnes à ce jour —, qui se veut un groupe de mobilisation faisant honneur au symbole. 

«Le Cercle Vert, au départ, c’est un symbole porté par plusieurs écologistes, des personnes qui voulaient améliorer les conditions environnementales. On a créé le mouvement Le Cercle Vert à partir des membres du grand groupe Facebook. On voulait rassembler les personnes qui étaient intéressées par les changements environnementaux», poursuit l’élève. 

«Examen de conscience»

Par l’entremise d’une lettre envoyée par courriel à tous les députés, Le Cercle Vert demande au gouvernement de respecter à leur tour les consignes imposées par leur génération. Le groupe demande aux acteurs politiques d’argumenter sur la question «Peut-on réellement compter sur le gouvernement du Québec dans la lutte aux changements climatiques?» lors d’un «examen de conscience pour le gouvernement 2019». 

«On s’était préparés, on avait rédigé le courriel, on savait que les points verts à côté de nos noms ne changeraient pas tout. On s’attend à ce que les ministres et les autres députés en discutent ensemble. Ils vont pouvoir dire ce qu’ils en pensent. C’est sûr qu’on aimerait une réponse, mais, encore là, on ne pense pas que c’est un petit courriel qui va pouvoir changer la donne. On a d’autres choses de prévues, mais déjà il y a la Marche pour le climat [le 17 mai prochain à Québec] et il y a plusieurs personnes qui vont se rendre là-bas, autant des membres du Cercle Vert que du groupe Examen du ministère 2019», exprime Francis Larouche, âgé de 16 ans. 

Tous les politiciens du Québec ont reçu la lettre du groupe Le Cercle Vert, envoyée par une dizaine de membres.