Challenge polaire: apprendre à se connaître dans le sport [VIDÉO]

Après la guerre et la vie dans les camps de réfugiés, de jeunes immigrants sont maintenant en sécurité à Québec. Ils partent à l’aventure pour raconter leur histoire, et ouvrir le dialogue sur la tolérance, le racisme et la diversité culturelle.

Pendant quatre jours, une vingtaine de jeunes réaliseront des activités de course, vélo et ski avec des élèves de huit écoles de la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches, parce que «le sport, c’est rassembleur».

«On veut offrir une expérience d’intégration qui sort de l’ordinaire, pour qu’ils se souviennent de ce moment-là comme une période marquante de leur intégration à Québec», exprime Luc Richer, fondateur de Motivaction Jeunesse, un organisme qui vient en aide aux jeunes immigrants de la région.

Ce «challenge polaire» est organisé par l’organisme, et l’événement en est à sa troisième édition. L’an dernier, la formule avait pris la forme d’une expédition de 250 km entre Sherbrooke et Québec, on a voulu cette fois réaliser plus de rencontres et parcourir moins de territoire.

L’objectif principal est de sensibiliser la population à l’importance de bien accueillir ces jeunes, «les leaders de demain, la relève à Québec». La tournée ENSEMBLE NOUS SOMMES LE MONDE s’est lancée mardi matin au Centre Louis-Joliet, dans Limoilou.

«On est issus de quartiers où le vivre ensemble c’est au quotidien, c’est très multi culturel et on se côtoie tous les jours à travers nos différences. On a envie d’aller à la rencontre de ceux qui n’ont pas la même chance que nous. On veut briser des barrières, enlever la peur et défaire des préjugés», ajoute Virginie Leblanc, coordonnatrice de l’activité, elle accompagne le groupe dans leur périple. 

Sécurité

Les jeunes immigrants sont prêts à raconter leur histoire, et surtout prêts à exprimer leur gratitude d’être maintenant installés dans un pays développé, où il est permis de rêver.   

«Le Québec, ça représente la sécurité, ça représente le futur», confie la jeune Nareen Mahmoud, originaire de Syrie.

La jeune femme veut «casser le mur» qui se dresse entre les immigrants et les jeunes déjà enracinés à Québec. «Je dis tout le temps que les gens nés ici sont très chanceux. Ce n’est pas trop tard, nous aussi on a eu la chance de venir ici. Après la guerre, c’était dur de vivre dans mon pays... Quand on entend le Canada, on peut penser à notre futur, je ne veux pas penser à ma sécurité.»

Pour Yassmine Riahi, c’est l’occasion de poursuivre son rêve de devenir avocate, objectif presque irréalisable si elle était demeurée en Tunisie. «J’ai envie d’essayer des choses que je n’ai pas la chance de faire dans mon pays. L’éducation, ce n’est pas la même chose. Il faut faire plus d’efforts pour arriver au point final. Ici, j’ai plusieurs portes ouvertes, je sais que je vais y arriver», témoigne-t-elle

«Je suis là pour montrer qu’on n’est pas venus ici pour détruire les choses, mais pour faire des activités, leur montrer qu’on a notre place ici», ajoute Simat Atshan, originaire de l’Irak. 

Selon Virginie Leblanc, le message d’inclusion est plus fort lorsqu’il vient des jeunes. Elle accompagne le groupe pour crier : «On est là, voici les citoyens d’aujourd’hui». Elle a la chance de voir au quotidien tout le bien que ces jeunes apportent, avec leurs têtes pleines de projets, elle espère que les groupes visités pourront le voir eux aussi.