Le co-porte-parole de QS Gabriel Nadeau-Dubois
Le co-porte-parole de QS Gabriel Nadeau-Dubois

«Cette fois-ci, pas d’excuses acceptables pour expliquer les décès évitables», estime Gabriel Nadeau-Dubois 

«C’est comme si, le virus, c’est notre adversaire puis c’est un boxeur. On n’a pas vu venir le premier coup et on a tous été sonnés collectivement, le gouvernement comme les citoyens, citoyennes. Là, pour le deuxième coup, on ne pourra pas dire qu’on ne l’a pas vu venir.»

Les partis de l’opposition étaient de retour au parlement de Québec, mardi, avec la reprise des travaux parlementaires pour trois semaines à l’Assemblée nationale.

Québec solidaire veut que le gouvernement Legault rende public son plan pour la deuxième vague de contagion, et au plus vite.

«Ce que les experts nous disent, c’est que, la deuxième vague, ce n’est pas une question de si, c’est une question de quand. Et cette fois-ci, il n’y aura pas d’excuses acceptables pour expliquer les décès évitables», a affirmé Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de QS, en point de presse.

M. Nadeau-Dubois compare la lutte contre le virus à un combat de boxe. «Les experts nous disent que le deuxième coup, il y a d’excellentes chances qu’il s’en vienne dans les prochains mois. Donc là, il faut se préparer. On ne pourra pas dire une deuxième fois qu’on a été surpris. C’est aussi simple que ça. Ça fait que l’objectif, ce n’est pas de faire peur au monde, mais c’est de dire : ne soyons pas surpris une deuxième fois, ce serait tragique.»

Nommer les morts

Au Parti québécois, on s’attarde surtout au présent. «Il est temps d’avoir une reddition de comptes en bonne et due forme. Le Parti québécois va poser des questions importantes, des questions que se pose le public, sur la gestion actuelle de la crise. Pas sur la gestion des CHSLD des 30 dernières années, sur la gestion des 30 dernières heures! Ces décisions ont un impact majeur et contribuent, à bien des égards, à ce qu’on ait un des pires résultats dans le monde présentement», souligne le chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé.

Inspiré par la une du New York Times de dimanche où défilaient 1000 noms de victimes de la COVID-19, M. Bérubé propose de nommer chaque jour les Québécois qui succombent au coronavirus, avec l’accord des familles. 

«Il faudrait bien mettre des visages et des noms derrière ces décès, toutes les familles endeuillées aussi. C’est ça, la donnée qui est la plus importante. Tu sais, de se réjouir qu’on a atteint 14 000 tests... c’est juste normal, ce n’est pas une célébration, c’est une nécessité vitale pour le Québec. Alors, les 4000 décès, c’est lourd à porter. Et, moi, je ne veux jamais qu’on s’habitue à ces décès chaque jour.»

Un comité fixerait les ratios

Mené par sa nouvelle cheffe, Dominique Anglade, le Parti libéral pense de son côté au Québec d’après la pandémie. Critique en matière de santé pour le PLQ, le député André Fortin a déposé en après-midi un projet de loi visant à imposer un nombre de patients maximal (ratio) pour chaque travailleur de la santé, selon son poste.

Le projet de loi 594 propose la formation d’un comité de sept membres, avec des représentants des syndicats, des ordres professionnels et des directions d’hôpitaux et de CHSLD. Ce serait à eux de déterminer le nombre maximal de patients par infirmière, infirmière auxiliaire ou préposée aux bénéficiaires.

François Legault et la Coalition avenir Québec ne sont pas contre. Ils ont même voté en faveur du dépôt du projet de loi, et donc, de son étude éventuelle. Mais c’est mettre la charrue devant les bœufs, selon le premier ministre. Pourvoyons d’abord les 10 000 postes affichés toujours vacants, plaide-t-il.

«La seule proposition qu’a le Parti libéral du Québec, c’est de dire : il y a 10 000 postes affichés, actuellement, depuis des mois dans les CHSLD, on vous propose d’en afficher 20 000. Je n’ai rien contre l’idée, éventuellement, d’en afficher 20 000. Mais est-ce qu’on ne peut pas convenir que la priorité, c’est d’abord de combler les 10 000 postes?» a répondu en chambre M. Legault, qui célébrait mardi ses 63 ans.

25 ans de pain et de roses

Anniversaire plus marquant, c’était aussi le 25e anniversaire de la grande marche féministe Du pain et des roses. Le 26 mai 1995, 850 Québécoises ont entrepris un périple à pied de 10 jours sur 250 km pour manifester contre la pauvreté des femmes. De Montréal, de Longueuil et de Rivière-du-Loup jusqu’à l’Assemblée nationale.

Co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé était du trio d’organisatrices avec Françoise David, future fondatrice de QS, et Diane Matte.

Occasion parfaite pour que l’Assemblée nationale «reconnaisse que ce sont majoritairement des femmes qui oeuvrent avec dévouement dans les commerces et services essentiels, souvent dans des conditions difficiles, comme nous le rappelle la crise de la COVID-19», a souligné Mme Massé dans sa motion, ajoutant dans son allocution que 90 % des infirmières au Québec sont des femmes et 88 % des préposées aux bénéficiaires.

La cheffe du PLQ est allée plus loin en mettant en lumière que «la majorité des anges que nous remercions depuis le début de la pandémie sont des femmes souvent marginalisées, précarisées, épuisées, mais toujours résilientes. Plus que simplement remercier, pourrions-nous reconnaître que ce travail invisible des femmes est largement sous-valorisé?» a demandé Mme Anglade, dans son intervention sur le sujet.

Le premier ministre Legault a dit de son côté qu’«il faut s’inspirer de cette marche historique de 1995 et souhaiter à toutes les Québécoises plus de pain et plus de roses pour les prochaines années».

La séance de mardi après-midi à l’Assemblée réunissait 37 députés dans le Salon bleu.