La porte-parole de la Régie des alcools, des courses et des jeux précise que «les insectes sont des drosophiles, c’est à dire des mouches à fruits. Ce n’est pas dangereux pour la santé, c’est une question de salubrité». Elle ajoute qu’il s’agit d’une infraction fréquente.

Centre Vidéotron: amende pour des insectes dans l’alcool

Vous avez déjà consommé une boisson alcoolisée au Centre Vidéotron? Le gestionnaire des bars s’est fait pincer par les policiers avec 12 bouteilles contenant des insectes.

La faute remonte au printemps 2017, mais l’audition de la cause devant la Régie des alcools, des courses et des jeux a eu lieu en mai dernier. Et le jugement a récemment été publié.

Le Groupe Compass, sous-traitant de Québecor, faisait face à une possible suspension, voire une révocation, de son permis d’exploitation pour les sept bars de l’amphithéâtre. Il a cependant écopé d’une «sanction administrative pécuniaire de 1800 $», lit-on dans le document. 

L’amende a été imposée après que le directeur général de l’entreprise, Stéphane Lanctôt, eut admis «la véracité de l’ensemble des faits allégués». Le tribunal a pris en considération ses explications quant aux «mesures en place à l’établissement afin que les boissons alcooliques soient conservées dans des conditions d’hygiène assurant leur salubrité». 

Par courriel, la porte-parole de la Régie, l’avocate Joyce Tremblay, précise que «les insectes sont des drosophiles, c’est à dire des mouches à fruits. Ce n’est pas dangereux pour la santé, c’est une question de salubrité». Elle ajoute qu’il s’agit d’une infraction fréquente.

Joint au téléphone jeudi matin au Centre Vidéotron, Stéphane Lanctôt n’a pas répondu à nos questions : «Je ne suis pas autorisé à commenter». Il nous a référé au service des communications de Québecor. 

David Messier, de la division Sports et divertissement, nous a répondu en soirée. Des correctifs auraient été apportés après le jugement inquiétant. «Les méthodes en place assurent que les boissons alcoolisées sont conservées dans des conditions d’hygiène idéales qui assurent leur salubrité.»

Révoquer le permis

Dans son jugement, la régisseure Me Liane Dostie rappelle qu’une punition plus sévère aurait pu être imposée. La Loi sur les permis d’alcool stipule que «La Régie peut révoquer ou suspendre un permis si […] le titulaire du permis garde ou tolère qu’il soit gardé dans son établissement plus de 10 contenants de boissons alcooliques contenant un insecte, à moins que cet insecte n’entre dans la fabrication de ces boissons alcooliques».

L’Union des tenanciers de bars du Québec dénonce depuis de nombreuses années la dureté des punitions imposées par la Régie lors de la découverte de mouches à fruits dans les bouteilles d’alcool. «Ils sont sévères», évalue le président Peter Sergakis, soulignant que ces bestioles sont un fléau dans les débits de boisson : «C’est un gros problème».

Lui-même propriétaire de bars, il juge par contre qu’une douzaine de bouteilles contaminées trouvées au même endroit «c’est trop». Cela pourrait témoigner de lacunes dans l’inspection des produits vendus.

Dans ses entreprises, M. Sergakis a instauré une vérification quotidienne de toutes les bouteilles, dit-il. Les employés doivent, en début de quart de travail, éclairer les contenants avec une lampe de poche et éliminer ceux qui sont impropres à la consommation. «Il faut que tu aies un système rigoureux quand tu es propriétaire.»