Avec les travaux promis par la candidate d’Équipe Labeaume, Dominique Turgeon (au centre), le centre communautaire Charles-Auguste-Savard, dans Neufchâtel-Lebourgneuf, gagnera 850m2 en superficie.

Centre communautaire Charles-Auguste-Savard: Équipe Labeaume promet 10 M$

Dans la campagne de l’élection partielle dans Neufchâtel-Lebourgneuf le 9 décembre, l’équipe Labeaume promet 10 millions $ pour l’agrandissement du centre communautaire Charles-Auguste-Savard, l’installation d’une structure permettant la pratique de la pétanque 12 mois par année, la bonification des jeux d’eau et des aires de jeux du parc Saint-André, et l’aménagement du parc Thomas-Pope. Pas question, par contre, de construire un nouveau gymnase comme le souhaite Québec 21.

Contrairement à ses adversaires, Régis Labeaume considère qu’une fois rénové, le gymnase actuel suffira à répondre à la demande des résidents du secteur. D’autant plus, que dans un rayon de trois kilomètres du centre communautaire, on compte plusieurs gymnases situés à l’Académie Saint-Louis, l’école des Écrivains, le centre communautaire Lebourgneuf, et les écoles secondaires Roger-Comtois et Neufchâtel.

«Il y a des sports qui ne pourront pas se jouer ici, mais qui vont se jouer ailleurs. Le volleyball, le basketball, ce sont des sports qui se jouent quand tu es plus vieux, dans des ligues de garages le soir», analyse le maire de Québec.

Selon l’Équipe Labeaume, l’arrondissement Les Rivières gagnera un total de 2940 heures supplémentaires d’accessibilité à des plateaux sportifs avec la livraison en 2019 et 2020 des nouveaux gymnases des écoles de Saint-Louis et des Écrivains.

Une vision que ne partage pas du tout le candidat de Québec 21, Patrick Paquet, qui reproche à M. Labeaume de ne pas être à l’écoute des citoyens. «Quand il dit qu’il y a d’autres gymnases dans le secteur qui répondent aux besoins, moi j’aimerais bien savoir lesquels. Il y en a deux en ce moment, un à l’école de l’Escabelle et un à l’école L’Apprentissage. Et en ce moment, on retire des activités à l’école L’Apprentissage parce qu’on n’est pas capable de répondre aux besoins. C’est bien beau de dire des choses, mais il faut arriver avec la réalité du secteur et les besoins des gens. L’Académie Saint-Louis, c’est à Lebourgneuf. Nous, on dessert Loretteville et Saint-Émile», a-t-il répliqué.

M. Paquet renvoie aussi la balle à maire Labeaume avec son projet à 10 millions $ alors que celui de Québec 21, annoncé le 7 novembre, coûterait 8 millions $. 

Besoins des organismes 

Avec les travaux promis par la candidate d’Équipe Labeaume, Dominique Turgeon, le centre communautaire Charles-Auguste-Savard gagnera 850 m2 en superficie. L’agrandissement sera composé d’une grande salle divisible et de quatre à cinq locaux pour des cours et des réunions. Il est également prévu de rénover la cuisine communautaire, la bibliothèque Saint-André, le gymnase et de mettre à niveau le bâtiment selon les normes d’accessibilité universelle.

Les locaux actuels sont occupés à 95 %. Pour le président du C. A. de Loisirs et sports Neufchâtel, Stéphane Bolduc, tout projet avec des locaux supplémentaires, c’est positif. «Le projet de Québec 21 est intéressant, celui que la Ville présente l’est encore davantage. Nous, ce qu’on veut, c’est un projet qui répond à tous les besoins de la population. Si la mairie nous dit que les besoins en gymnase sont couverts, on va se rallier à cette idée-là.»

«Les besoins réels s’adressent aux organismes communautaires des jeunes et de l’âge d’or, affirme M. Labeaume. On est certain qu’on a visé les bons besoins et on sait combien ça coûte, un gymnase, ça m’étonnerait que ça arrive dans les budgets qui ont été présentés [par Québec 21], ça ne marche pas.»

L’administration Labeaume n’attendra pas non plus auprès des paliers supérieurs pour engager les travaux. «On n’attendra pas que le gouvernement du Québec et le gouvernement du Canada mettent de l’argent pour construire. Si on peut avoir de l’argent du gouvernement du Québec, tant mieux, sinon la Ville de Québec payera au complet», a promis le maire de Québec.

Équipe Labeaume entend également d’ici cinq ans mettre à niveau le centre communautaire Paul-Émile-Beaulieu dans le district Lac-Saint-Charles–Saint-Émile et le presbytère Saint-Pierre-aux-Liens dans le district Des Monts.

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UNE NÉGLIGENCE DE L'ANCIEN CONSEILLER MUNICIPAL JONATAN JULIEN?

Le maire de Québec, Régis Labeaume, s’est dit «étonné» de l’état des lieux du centre communautaire Charles-Auguste-Savard. Sans le nommer, le maire de Québec a envoyé une flèche à l’ancien conseiller municipal du secteur, Jonatan Julien —  maintenant ministre des Ressources naturelles et député de Charlesbourg dans le gouvernement de la Coalition avenir Québec — l’accusant à mots couverts de «négligence».

«Honnêtement, ça a été négligé, je suis obligé de vous le dire. Ça fait 10 ans qu’on est là et c’est encore dans cet état-là. En 10 ans, je n’ai jamais eu de demande», a mentionné M. Labeaume, qui ne s’attendait pas à découvrir un tel niveau de vétusté. 

«Je suis là, je vous garantis que ça va se faire. Ça a pris une campagne électorale pour que je découvre qu’ici ça n’a pas de sens», a-t-il ajouté alors qu’il était questionné à savoir pourquoi maintenant, il y aurait un changement. 

Le président du conseil d’administration de Loisirs Neuchâtel, Stéphane Bolduc a rencontré Jonatan Julien pour divers projets, dont le toit du terrain de tennis, alors qu’il était conseiller municipal. 

«C’est un projet qu’on avait amorcé avec M. Julien et M. [Patrick] Huot [ex-député libéral de Vanier] à l’époque. C’était un projet prévu pour 2019. Là de ce que je comprends, c’est que le projet va être bonifié pour répondre à d’autres besoins comme le terrain de pétanque. Mais ce sont de projets complémentaires à ce qu’on avait entamé comme démarche avec les anciens politiciens du secteur», a-t-il confié.

Selon M. Bolduc, la Ville est au courant de l’état des locaux depuis des années, mais il est parfaitement conscient qu’il fallait des années avant de pouvoir avoir accès à du financement. 

«On ne peut pas faire une demande le vendredi soir et avoir les pelles mécaniques sur le terrain le lundi matin. C’est un projet de [grande] envergure. C’est un combat qu’on a mené depuis plusieurs années. Il y a eu beaucoup de changement au niveau politique. Donc, on a attendu notre tour.»