Le 28 mai 2018, le propriétaire des immenses lots de 60 000 mètres carrés situés à l’angle nord-ouest du boulevard Louis XIV et de l’autoroute Laurentienne déposait une poursuite en dommages de 2,5 millions $ contre la Ville. À l’époque, Radio-Canada écrivait que le promoteur voulait y développer un ensemble résidentiel pour lequel il avait eu des autorisations.

Centrale de police: la transaction soulève des questions [VIDÉO]

Le propriétaire des terrains acquis par la Ville pour y construire la future centrale de police abandonne une poursuite de 2,5 millions $ déposée l’an dernier contre l’administration municipale. À la lumière de cette information, l’opposition officielle à l’hôtel de ville se questionne si la Ville a voulu faire un deal pour régler le litige plutôt que de choisir l’emplacement idéal.

Le 28 mai 2018, le propriétaire des immenses lots de 60 000 mètres carrés situés à l’angle nord-ouest du boulevard Louis-XIV et de l’autoroute Laurentienne déposait une poursuite en dommages de 2,5 millions $ contre la Ville. À l’époque, Radio-Canada écrivait que le promoteur voulait y développer un ensemble résidentiel pour lequel il avait eu des autorisations. 

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En février 2018, il apprenait qu’aucun ensemble résidentiel ne serait permis à cet endroit sur la base d’un rapport du CIUSSS de la Capitale-Nationale qui soulignait des risques pour la santé de futurs résidents. Selon la poursuite, ces risques étaient connus depuis 1997. M. Villeneuve se disait alors coincé avec des terrains, sans pouvoir les développer.

«On sait qu’il y a 16 sites à l’étude. On nous a présenté celui-ci, mais est-ce vraiment l’endroit idéal ou la Ville a voulu faire un deal», questionne le conseiller de Québec 21 dans Neufchâtel-Lebourgneuf, Patrick Paquet.

«Peut-être que c’est le meilleur emplacement, mais la façon de gérer ce dossier en cachant des choses peut laisser croire le contraire», suggère M. Paquet. Sa formation politique réclame le dévoilement des 15 autres sites potentiels pour faire la preuve que celui retenu est véritablement le meilleur choix.

La promesse de vente inclut dans la résolution adoptée lundi au conseil municipal, stipule que le vendeur «s’engage à se désister sans frais du recours en dommage à l’encontre de la Ville […]», peut-on lire.

Le CIUSSS réagit

À la demande des journalistes, le CIUSS a expliqué la nature du rapport qui a fait avorter le projet de développement de M. Villeneuve. Du même coup, elle y introduit des bémols quant aux risques que courent les policiers qui logeront à cette adresse.

«La direction de santé publique juge que la proximité de l’autoroute, le cumul de facteurs environnementaux dans le secteur [bruit, poussière, odeur] sont des nuisances qui peuvent affecter la qualité de vie dans un contexte domiciliaire, notamment pour jouir de façon agréable de l’environnement extérieur durant la période estivale ou encore lors de la ventilation naturelle d’une habitation», résume par courriel Mélanie Otis, port-parole de l’organisme.

«Ces conditions ne présentent pas de menace à la santé pour les travailleurs, puisque la santé publique a d’emblée jugé que le milieu ne présentait pas de risque immédiat à la santé.  La réglementation municipale protège déjà la population et les travailleurs contre l’exposition au bruit en milieu intérieur. L’exposition aux autres facteurs est limitée par le temps de travail, qui est en général moindre que le temps d’exposition dans un milieu de vie.»

La Ville n’a pas souhaité commenter le dossier. Elle attend le plénier prévu à l’automne pour répondre aux questions.

Problèmes en série

Cette autre turbulence s’ajoute à celles relatées depuis 18 mois à cause d’une mauvaise évaluation des coûts et du choix d’un premier terrain jugé trop petit sur le boulevard Pierre-Bertrand.

En décembre 2017, on apprenait que la facture passait de 40 à 72 millions $ depuis l’annonce du projet en mai 2016. Le manque de communication entre le Service de police et celui de la gestion des immeubles explique la hausse vertigineuse. 

En mai 2018, Le Soleil révélait que le premier terrain de 15 000 mètres carrés acquis en avril 2016 pour 2,6 millions $ à l’angle nord-ouest du boulevard Pierre-Bertrand et de la rue des Rocailles était trop petit pour les besoins du service. 

«Mon collègue l’a échappé.» Comme si ce n’était pas suffisant, cette critique du maire faite en mai 2018 envers son ex-bras droit, Jonatan Julien, alors responsable du projet, a mené à la démission de ce dernier le lendemain même.