«Je vais être très honnête avec vous. Je suis très insatisfait de la façon dont ça a été mené ce dossier-là», a déclaré le maire Labeaume, lundi, en marge du conseil municipal.

Centrale de police dans Lebourgneuf: «mal géré», dit Labeaume

Le maire de Québec admet que l’emplacement choisi dans Lebourgneuf pour y construire la nouvelle centrale de police «aurait pu être plus grand». Ainsi, la Ville n’aurait pas à convoiter des pieds carrés du centre administratif du Réseau de transport de la Capitale (RTC), rue des Rocailles, pour y garer les automobiles d’une partie du personnel du service de police.

Régis Labeaume réagissait à un article du Soleil paru il y a deux semaines, dans lequel on apprenait que le terrain de 15 000 mètres carrés acquis en avril 2016 pour 2,6 millions $ à l’angle nord-ouest du boulevard Pierre-Bertrand et de la rue des Rocailles, voisin du quartier général de la Sûreté du Québec, ne peut accueillir que la moitié des véhicules prévus en période de pointe dans un stationnement en surface.

Le site a une capacité maximale en surface de 325 cases de stationnement pour les autopatrouilles, les véhicules banalisés, ceux des employés et les visiteurs. Pourtant, jusqu’à 700 automobiles pourraient s’y présenter pendant certaines périodes de pointe comme les changements de quart de travail.

«Je vais être très honnête avec vous. Je suis très insatisfait de la façon dont ça a été mené ce dossier-là», a déclaré le maire, lundi, en marge du conseil municipal. 

D’abord, il y a eu la sous-évaluation des coûts. En décembre dernier, on apprenait avec surprise que la réorganisation de la desserte policière coûterait 72 millions $ plutôt que les 40 millions annoncées au printemps 2016.

Maintenant, on constate que les policiers sont déjà à l’étroit à cause du terrain choisi. «Il aurait pu être un peu plus grand. Ça a été mal géré, aussi ça, je pense», avoue le maire,observant que l’ensemble du dossier connaît des ratés. 

«Moi, je ramasse toujours les pots après. Les gens ont voulu bien faire en sous-estimant le coût de la centrale. Ils auraient dû trouver le coût juste. Y’en a qui l’ont échappé. Je ne suis pas très de bonne humeur. Il y a des personnes qui devront apprendre à être plus rigoureuses.»

M. Labeaume est demeuré flou sur la question du stationnement. «On vous reviendra plus tard. On est dans les détails. Tout le monde va avoir de la place à stationner à quelque part.»

Pas un détail

Ce qui apparaît comme un détail aux yeux du maire ne l’est pas pour la Fraternité des policiers. Son président, Marc Richard, avait confié au Soleil avoir l’impression de faire les frais de la mauvaise gestion du dossier.

Il avait soulevé un enjeu de sécurité lié au fait que des policiers doivent garer leur véhicule personnel au RTC, puis se rendre à pied jusqu’à la centrale. Il y a deux ans, un policier a subi des dommages à son véhicule qui était garé dans le stationnement public du parc Victoria (près du stade Canac), avait-il rapporté.

De plus, bien que ça soit plus dispendieux, il ne s’explique pas pourquoi la Ville refuse de construire un stationnement souterrain ou étagé et couvert pour protéger les autopatrouilles des intempéries. Selon lui, la Ville aurait tout à gagner puisque les policiers ne perdraient pas leur temps à déneiger et déglacer les véhicules avant de partir en patrouille. 

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TROISIÈME LIEN: LABEAUME OPPOSÉ À UN CHANGEMENT DE DEVIS

«Je vais m’opposer à tout changement au devis sur le troisième lien. Il a été construit avec l’autorisation des deux villes. S’il y a un changement, je le dénonce haut et fort.» Le maire de Québec a ainsi répondu au grief du maire de Lévis, Gilles Lehouillier, qui déclarait la semaine dernière que le bureau de projet ratissait trop large, incluant même l’ajout d’un troisième traversier pour décongestionner le réseau routier interrives. Régis Labeaume juge naturel d’évaluer toutes les possibilités et de patienter avant de se prononcer. «Tout le monde aurait avantage à entendre l’étude, incluant Mario», a-t-il lancé, en référence au récent commentaire du président du Port de Québec, Mario Girard, qui a accueilli favorablement la construction d’un troisième lien dans l’est de la ville.  

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PERTINENCE DES MISSIONS DES ÉLUS À L'ÉTRANGER QUESTIONNÉE

Le chef de l’opposition officielle, Jean-François Gosselin (photo), demande plus de transparence sur les véritables retombées économiques des missions à l’étranger des élus et des fonctionnaires de la Ville de Québec. «En dedans d’un an, on veut avoir les retombées concrètes. Si ça coûte 5000 $, en quoi ça va rapporter aux citoyens de la Ville de Québec», questionne le chef de Québec 21. «On veut être convaincu que ça vaut la peine», ajoute-t-il. Régis Labeaume s’envole d’ailleurs jeudi vers New York pour participer à un forum de l’ONU sur le développement durable des micro, petites et moyennes entreprises. À savoir si cette mission est pertinente, M. Gosselin a eu cette réflexion. «Si l’ONU paie tout, c’est une chose. Mais si les citoyens mettent de l’argent, on veut savoir ce que ça rapporte.» 

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LOGEMENTS INSALUBRES: DES LOCATAIRES AU CONSEIL

Infiltration d’eau, moisissures, présence de rats et de coquerelles. Des résidents de l’avenue Claude-Martin à Vanier demandent l’aide de la Ville pour qu’ils puissent vivre dans des logements décents.

Sarah Lafrenière est elle-même résidente du secteur. Elle s’est présentée au conseil de ville, lundi, avec en main un épais dossier sur l’état d’insalubrité de logements où doivent vivre plusieurs résidents. 

«Il y a des punaises de lit, des moisissures, des coquerelles, des calorifères non conformes qui créent des risques d’incendie. Et le propriétaire ne fait rien», se désole-t-elle.

Le maire de Québec est bien au fait du dossier. En janvier, il déclarait au Soleil «en avoir assez des taudis toujours en location». Régis Labeaume répétait alors souhaiter que le gouvernement du Québec octroie plus de pouvoirs aux villes pour exproprier les propriétaires qui louent des logements insalubres à des gens vulnérables.

Un projet de loi adopté récemment par le gouvernement du Québec donne plus de pouvoirs à Québec pour intervenir dans le cas des édifices non habités. Cependant, la Ville a encore les mains liées pour les édifices habités.  

«On cherche une poignée légale pour agir», a précisé le maire. La situation est d’autant plus compliquée que le propriétaire des appartements visés est actuellement en processus de faillite. 

«L’Office municipal d’habitation de Québec est au courant. On sait ce qu’on veut faire. Ce qui se passe là est inacceptable, à la limite inhumain. On ne vous laissera pas tomber», a-t-il conclu.

En décembre, M. Labeaume avait même émis l’hypothèse d’acquérir des immeubles à logements occupés jugés insalubres. Lundi, il n’a pas voulu insister sur cette possibilité par peur de faire hausser les enchères.