Danik Lachance a été fauché par un jeune conducteur, alors qu’il marchait sur le bord de la route à Thetford Mines, le 21 janvier 2016.

Cellulaire au volant: toujours pas d’accusation un an après la mort de son fils

René Lachance n’en peut plus d’attendre. Presqu’un an après le décès de son fils Danik, fauché par un jeune automobiliste alors qu’il marchait au bord de la route à Thetford Mines, aucune accusation n’a encore été déposée contre le conducteur soupçonné d’avoir utilisé son téléphone cellulaire au volant.

«Ça va faire un an le 21 janvier et des émotions, je peux vous dire qu’il y en a tous les jours... Il n’y a pas une christie de journée que je ne l’ai pas dans la tête. 

Pensez-vous que c’était l’fun aux Fêtes cette année?» lance le père de famille de Tring-Jonction en entrevue avec Le Soleil.

Deux semaines avant les Fêtes, l’homme a contacté le procureur de la Couronne du district de Frontenac pour avoir des nouvelles du dossier du conducteur de 19 ans. «Il m’a dit qu’il lui fallait un deuxième avis d’un autre procureur à Québec et ce second procureur a dit que des choses n’étaient pas claires, qu’il devait faire certaines vérifications auprès de Snapchat aux États-Unis», poursuit M. Lachance.

C’est donc l’utilisation au volant de Snapchat, une application gratuite de partage de photos et de vidéos disponible sur les plates-formes mobiles, qui serait en cause dans le décès de Danik Lachance.

«Le procureur attend un nouveau rapport pour que tout soit plus clair, car il ne peut pas porter d’accusation s’il n’a pas plus d’information. Il faut que ce soit déchiffré par quelqu’un qui sache exactement ce qui a été envoyé et quand», poursuit-il.

S’il dit comprendre le travail des procureurs, René Lachance n’en demeure pas moins impatient de voir l’enquête policière donner des résultats. «Je suis en attente de ça... Je pensais être bon pour régler ça avant les Fêtes, mais j’attends encore. Pourtant, la police a déjà contacté des personnes qui ont confirmé qu’elles étaient avec lui sur Snapchat ce soir-là...»

«Le problème est qu’on ne sait pas exactement à quelle heure ça a fait bang, c’est dur d’avoir la seconde pile», reprend le père de famille, qui demeure convaincu que le jeune conducteur était distrait.

«En plein hiver, tu ne peux pas ne pas voir une personne qui marche sur le bord de la route, même si c’est la nuit et que la personne est habillée en noir. Avec la neige, tout est blanc autour! Il ne regardait sûrement pas la route», avance-t-il.

Incompréhension

M. Lachance indique que les amis de Danik ne comprennent pas non plus pourquoi rien n’avance dans le dossier. «C’est frustrant et enrageant car on ne peut rien faire : c’est le système judiciaire. En plus, l’autre gars a beau s’être fait saisir son auto et son cellulaire, je suis sûr qu’il a maintenant un nouveau téléphone et une nouvelle auto. Il vit sa vie comme si de rien n’était depuis la collision...»

Le père a l’intention de lancer un autre coup de fil au procureur de la Couronne la veille de l’anniversaire du décès de son fils. «Je vais lui demander s’il y a du neuf en lui rappelant que ça fera un an le lendemain...» conclut-il.