En 2017, dans la Capitale-Nationale, le cellulaire a été responsable de 2530 infractions du code de la sécurité routière.

Cellulaire au volant: encore trop d'irréductibles

Malgré de nombreuses campagnes de sensibilisation, des sanctions plus sévères et des accidents meurtriers, il y a encore trop d’irréductibles de l’utilisation du cellulaire au volant en 2019.

C’est le constat du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), qui a procédé jeudi à une opération à Charlesbourg, Sainte-Foy et Saint-Roch pour contrer les distractions au volant, dont l’utilisation du téléphone cellulaire.

En trois heures, les policiers ont délivré 123 constats et 29 avertissements. Des chiffres encore trop hauts, selon le porte-parole du SPVQ, Alexandre Lajoie. «Le message passe plus ou moins bien. Il suffit de regarder les automobilistes pour s’apercevoir qu’il y en a beaucoup qui utilisent le cellulaire au volant.»

Et cette fois-ci, les conducteurs ne peuvent pas s’insurger contre l’opération policière. «Elle a été annoncée et pourtant ça n’a pas été long pour prendre des personnes en défaut», a mentionné M. Lajoie.

Selon le porte-parole de CAA-Québec, Pierre-Olivier Fortin, il est difficile de changer les comportements. «Il y a des gens incapables de s’en passer et de résister à la tentation. Pourtant, on a vu tellement d’accidents et de drames, et les sanctions ont augmenté», déplore-t-il. 

Sanctions plus sévères

Il est encore trop tôt pour savoir si les nouvelles sanctions ont un véritable effet dissuasif sur les gens, mais depuis le 30 juin 2018, l’amende est passée à 300 $ pour une première infraction. L’automobiliste perd également cinq points sur son permis de conduire.

En cas de récidive, l’amende passe à 600 $. À cela s’ajoutent cinq points d’inaptitude et une suspension du permis pendant 3, 7 ou 30 jours, selon qu’il s’agisse de la première, deuxième ou troisième récidive. Si le conducteur a atteint la limite de points sur son permis, la suspension est de 90 jours.

M. Fortin espère une prise de conscience collective avec ces sanctions. «Trois choses sont nécessaires pour que le gâteau lève : de la sensibilisation, une loi, et l’application des sanctions. J’espère que cet été, quand on fera un premier bilan après un an, on aura des résultats positifs, sinon il faudra peut-être augmenter les points d’inaptitude.»

Des drames évitables

En 2017, selon des chiffres fournis par la SAAQ, dans la région de la Capitale-Nationale, il y a eu 2530 infractions dues à l’utilisation d’un appareil électronique portatif. Au Québec, 41 320 infractions ont été répertoriées à cause d’un cellulaire. La région de Montréal se place au dernier rang avec 10 326 infractions alors qu’à l’inverse, le Nord-du-Québec a enregistré seulement 45 infractions. Il s’agit d’une forte progression par rapport à 2008 qui avait totalisé 18 254 infractions, mais c’est tout de même mieux qu’en 2013, avec 67 907 infractions au Québec.

«Lorsqu’on dévie le regard de deux secondes, on est deux fois plus à risque d’être impliqué dans un accident», souligne le porte-parole de CAA-Québec. «Ça prend combien de secondes pour écrire un texto? Imaginez la distance parcourue. Est-ce qu’on monterait dans une voiture avec une personne qui a les yeux bandés? Là, c’est la même chose», poursuit-il.

Malgré ces chiffres pas très reluisants, Pierre-Oliver Fortin croit à un changement des comportements. «Avec le temps, on va espérer que ça s’améliore. Quand on regarde pour l’alcool par rapport aux années 80, il y a eu des changements dans le comportement. Maintenant, on n’arrive plus au bureau en disant : “J’ai conduit en état d’ivresse hier”.»

Les voitures de plus en plus équipées de gadgets électroniques peuvent également distraire les conducteurs. La prudence est donc de mise dès qu’on est au volant, rappellent CAA-Québec et la SAAQ.

Ce qui est interdit avec un cellulaire au volant

Chercher une chanson sur son téléphone déposé sur le siège du passager : pour être utilisé au volant, le cellulaire doit être fixé à un support prévu à cette fin et être pertinent à la conduite du véhicule.

Écrire un texto sur un téléphone, que l’écran ou le téléphone soit fixé ou non : les textos ne servent pas à la conduite.

Afficher le pointage d’un match de soccer sur l’écran d’un téléphone fixé au tableau de bord : le soccer n’a aucun rapport avec la conduite automobile.

Envoyer un petit texto de rien au feu rouge : au feu rouge, on conduit quand même.

Ce qui est permis

  • Suivre un itinéraire sur l’écran d’un téléphone : seulement si le téléphone est fixé à un support ou en utilisant les commandes vocales.
  • Trouver une chanson sur son téléphone fixé au tableau de bord : uniquement avec les commandes vocales.
  • Pitonner sur son téléphone : seulement si la tâche est liée à la conduite et si le téléphone est fixé.
  • Programmer un itinéraire (GPS) sur un téléphone pendant que l’on conduit : permis (mais vraiment pas une bonne idée!) seulement si le téléphone est fixé.
  • Faire un appel avec les commandes vocales d’un téléphone ou un dispositif mains libres. 

Source : CAA-Québec