« En cas de collision de côté avec un poids lourd ou un train, je ne suis pas certain qu’on n’aurait pas de décès », dit François Bonnardel. Le ministre des Transports et député de Granby a récemment participé à une rencontre, avec ses homologues provinciaux et du fédéral, sur l’implantation de ceintures de sécurité dans les autobus scolaires.

Ceintures dans les autobus scolaires: Québec lancera un projet pilote

Québec est prêt à investir ce qu’il faut pour doter les autobus scolaires de ceintures de sécurité, soutient le ministre des Transports.

François Bonnardel a participé lundi à une rencontre avec ses homologues provinciaux et celui du fédéral, Marc Garneau, au sujet de la pertinence d’installer ces dispositifs.

Il en est ressorti qu’un projet pilote sera mis en branle, d’ici un an, dans certaines villes au pays.

« On a considéré, par le passé, que les autobus scolaires pouvaient être sécuritaires avec leurs cages de sécurité et leurs dossiers surélevés », indique le député de Granby joint par La Voix de l’Est.

« Mais il reste qu’en cas de collision de côté avec un poids lourd ou un train, je ne suis pas certain qu’on n’aurait pas de décès. »

Risque

Des reportages ont récemment mis en lumière le fait que Transports Canada a toujours minimisé le risque que posent les collisions latérales pour les autobus scolaires.

Ottawa veut remédier à cette situation et les provinces seront responsables d’appliquer l’éventuelle réglementation. On estime à 10 000 $ supplémentaires par autobus neuf le coût d’installation de ceintures à trois points. Il n’est pas déterminé si les autobus actuels feraient l’objet de telles modifications. Plus de 8000 autobus scolaires sillonnent chaque jour les routes du Québec.

Plus de 8000 autobus scolaires sillonnent chaque jour les routes du Québec.

M. Bonnardel est convaincu du bien-fondé de cette démarche. « Sauver une vie, ça vaut plus que 10 000 $ à investir. Je reste persuadé que d’installer des ceintures à trois points rendrait nos autobus scolaires encore plus sécuritaires. »

D’ici à ce que les projets pilotes soient amorcés, un groupe de travail composé de constructeurs, de chauffeurs et de représentants des commissions scolaires et des gouvernements, notamment, sera formé pour étudier la question.

Réticence

On sait que les transporteurs sont réticents à ajouter des ceintures de sécurité dans leurs autobus. Ils font valoir le coût supplémentaire et la difficulté, pour un chauffeur, de s’assurer en tout temps que ses passagers soient attachés.

« Vous voyez la hauteur des banquettes ? Avec son miroir, il n’est pas capable de voir si l’enfant est attaché, a déclaré le président de la Fédération des transporteurs par autobus, Luc Lafrance, à Radio-Canada. Alors, qui va être responsable pour savoir si l’enfant est attaché ou non ? »

M. Lafrance fait aussi remarquer qu’aucun enfant n’a perdu la vie dans un autobus scolaire au Québec depuis 33 ans.

Le transporteur scolaire responsable des autobus circulant en Haute-Yamaska et dans Brome-Missisquoi, Sogesco, n’a pas rappelé La Voix de l’Est.

Répartition

Du côté de la commission scolaire du Val-des-Cerfs, on se dit favorable à l’implantation de ceintures de sécurité « si ça peut permettre d’éviter certaines blessures », dit le président Paul Sarrazin.

« Pour des questions de sécurité, tout le monde va faire la part des choses. » M. Sarrazin précise toutefois ne pas en avoir discuté avec ses collègues commissaires, et reconnaît que la mesure entraînera des coûts supplémentaires.