Jacques Landry du Regroupement diocésain pour la sauvegarde de la cathédrale de Rimouski, par le truchement de l’avocat Guy Bertrand, menace de poursuivre certaines instances, dont l’évêque de Rimouski et le pape François.

Cathédrale de Rimouski: l’archevêque et le pape menacés de poursuites

RIMOUSKI — Le Regroupement diocésain pour la sauvegarde de la cathédrale de Rimouski prend les grands moyens pour mettre fin à la saga, qui dure depuis bientôt quatre ans, entourant la fermeture et la dégradation du temple datant de 1867. Une mise en demeure a été adressée à diverses instances, dont à l’archevêque Mgr Denis Grondin et au pape François. Si rien ne bouge dans un délai de 30 jours, le Regroupement envisage d’intenter des procédures judiciaires.

La patience du président du Regroupement tire à sa fin. «On a exploré toutes les voies et ça ne fonctionne pas», argue Jacques Landry. La mise en demeure a été adressée par l’avocat Guy Bertrand de Québec au début septembre au Procureur général du Québec et à son ministère de la Culture et des Communications, à la Ville de Rimouski, à l’archevêque de Rimouski, à la fabrique de la paroisse de Saint-Germain, au pape François et à son représentant au Canada, le nonce apostolique Luigi Bonazzi. Le délai de la mise en demeure, qui était de cinq jours, est donc expiré.

«Nous n’avons pas eu de réponse, on n’a même pas eu un accusé de réception», indique Me Bertrand, ajoutant du même souffle qu’il n’en est pas surpris.

S’il affirme que la décision de poursuivre ou non appartient à son client, il n’en demeure pas moins que le constitutionnaliste croit que le Regroupement a suffisamment de «motifs sérieux et raisonnables de s’adresser à la Cour supérieure du Québec pour lui demander de trancher cette affaire d’intérêt public».

«Je n’aurais aucune gêne d’aller devant les tribunaux, dit-il. Le droit canon joue en notre faveur. Ce n’est pas normal que la fabrique ne puisse pas prendre de décisions!»

Sans paroisse, sans prêtre

Historiquement, le conseil de fabrique de la paroisse Saint-Germain veillait à la gestion de la cathédrale et de ses biens. Mais, en avril, l’archevêque a adopté cinq décrets qui ont fait en sorte que la paroisse se retrouve sans paroissien, sans prêtre, sans ressources et ses marguilliers ont été mis en tutelle.

«La nouvelle fabrique n’a plus aucun pouvoir, pas même celui d’ouvrir son courrier», déplore Guy Bertrand.

Selon le juriste, les recours judiciaires pourraient prendre différentes formes : «injonction, nullité, dommages-intérêts ou action collective au nom des 3200 supporteurs du Regroupement diocésain et des autres paroissiens qui voudront s’y joindre». Me Bertrand soutient que la cathédrale de Rimouski est un bien patrimonial et qu’elle est la mémoire collective d’un peuple. 

Le procureur en profite d’ailleurs pour faire un clin d’œil à son projet Liberté-Nation. «Vous n’aurez plus à quémander vos subventions du gouvernement pour protéger vos lieux et biens patrimoniaux parce que votre région obtiendra le statut d’État autonome avec un parlement, un gouvernement et des tribunaux dans le cadre de la République fédérale du Québec», lance-t-il.

Guy Bertrand profite aussi de la campagne électorale pour lancer un appel aux chefs de partis afin qu’ils se prononcent sur l’avenir de la cathédrale de Rimouski. Selon lui, seul François Legault de la Coalition avenir Québec s’est prononcé sur le patrimoine religieux. Il demande aussi à chacun de s’engager, dans la mesure où il est élu, à tenir une enquête en commission parlementaire afin de procéder à une réforme complète de la loi sur les fabriques.

L’archevêque de Rimouski, Mgr Denis Grondin, a refusé de répondre à la demande d’entrevue du Soleil.